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La dematerialisation des titres académiques: état des lieux, scenario et perspectives

La dématérialisation des titres implique de nouvelles pratiques pour conserver et gérer les documents. Les universités sont au coeur de ce débat, puisque les évolutions technologiques changent les modalités de délivrance des titres, tout en modifiant la représentation du titre «papier ». Ainsi, le développement de l’enseignement à distance change les attentes des utilisateurs, utilisatrices et prestataires de formation. L’American Council on Education (ACE) réfléchit actuellement aux modalités d’obtention de crédits ECTS par voie de MOOCs.

De leur côté, le service NTICE de la Division STIC (Système et Technologies de l’Information et de la Communication) de l’ Université de Genève, en collaboration avec Switch et l’Université de Lausanne, a réalisé une pré-étude « Long-Term Storage of Forgery-Proof Certificats in Use Centric Environnements ». L’objectif de celle-ci: évaluer la pertinence et la faisabilité d’émission de titres au format numérique, centrée sur la vérification leur l’authenticité par les universités, prenant en compte la mobilité estudiantine.

1. Le cycle de vie d’un document

Pour réaliser cette pré-étude[1], les auteur∙e∙s ont retracé le chemin institutionnel, dénommé «cycle de vie des documents», qui mène à la production d’un diplôme. «La production d’un document suit un processus de création, de diffusion et d’archivage relativement complexe. Il fait appel à un grand nombre d’acteurs/actrices et met en œuvre différentes techniques informatiques. Néanmoins ce processus peut être modélisé afin d’être géré dans les meilleures conditions» (Livre Blanc de la dématérialisation de l’archivage, 2011, p.9)[2].

Dans cette pré-étude les auteur∙e∙s se sont concentrés sur les trois étapes du processus, à savoir:  émission, diffusion et archivage. Les principaux résultats sont présentés ci-après.

1.1         A propos de l’émission d’un titre

Le degré de dématérialisation des documents dépend de la culture numérique institutionnelle ainsi que des cadres légaux. Les universités de Lausanne et Genève récoltent, dans différentes bases, les données numériques nécessaires à la production des titres. A Lausanne, la signature manuscrite prédomine, alors qu’à Genève, elle est progressivement remplacée par une signature numérisée. Il ressort des entretiens que ce processus de dématérialisation est bien présent au sein de ces deux institutions. Toutefois, pour les acteurs et actrices rencontré∙e∙s, imposer un format unique au titre, qu’il soit numérique ou papier, n’apporterait rien à l’institution. Il est important de maintenir la possibilité de diffuser ce document dans le format qui convient au contexte (solution hybride). Ainsi, pour la cérémonie de remise des diplômes, moment marquant de la vie universitaire, il est important de pouvoir remettre un titre au format papier aux étudiant∙e∙s.

1.2         A propos de la diffusion des titres

Le processus de dématérialisation des diplômes et autres documents liés au cursus de formation est perçu avant tout comme une amélioration de l’organisation du travail et des méthodes de collaboration. En effet, la lutte contre la falsification des titres reste un besoin périphérique, à cause de la confiance mutuelle entre universités et marché du travail. Les recruteurs ne vérifient pas systématiquement l’authenticité des titres lorsqu’ils connaissent, de réputation, l’institution. Ainsi, lors d’une postulation, les documents usuels (CV, diplômes, attestations de travail) sont scannés et envoyés par courriel. Lorsque la vérification des titres obtenus doit être effectuée, l’original au format papier est généralement exigé, procédure lourde qui demande une grande familiarité avec les particularités des titres délivrés (typographie, grammage du papier, logos, etc.). Sachant que pour l’admission dans les universités, la vérification des titres est en principe systématique, l’introduction du diplôme au format numérique représente une réelle opportunité d’optimisation du cycle de vie de ces documents.

1.3        A propos du stockage / de l’archivage d’un document

L’usage en cours au sein des deux institutions est principalement le papier. Cependant, l’archivage numérique semblerait plus adapté aux pratiques actuelles. Ainsi les documents sont parfois stockés à double, faute de cadre légal adapté. Une réflexion portant sur la récolte des données devrait être menée par les institutions, comme le soulignent les personnes interviewées.

1.4         Le cadre légal en question

La loi offre la possibilité aux institutions de produire des documents numériques d’origine, avec pour contrainte une traçabilité de toutes les actions du processus de dématérialisation. Plusieurs systèmes normatifs existent actuellement qui garantissent l’intégrité du cycle de vie des documents dématérialisés[3]. Ainsi, il apparaît que les questions soulevées lors des entretiens sont avant tout d’ordre technique ou d’organisation interne, sachant que si l’université souhaite s’engager dans la voie de dématérialisation, une adaptation des règles internes, notamment les règlements d’étude, est pleinement possible. Comme le souligne le secteur des affaires juridiques: « Toutes les problématiques relatives à la dématérialisation devraient être traitées et réglées dans le cadre d’une directive, laquelle mentionnerait le genre de signatures apposées sur le diplôme papier et informatique, la hiérarchie entre les documents (originaux, copies certifiées conformes…). Cette directive serait, à l’instar de la directive sur le plagiat, un document publié et public qui s’appliquerait à l’ensemble de la communauté universitaire.” Les contextes tant sociaux que juridiques apparaissent donc, aujourd’hui, favorables à la mise en place d’un scénario proposant la dématérialisation des diplômes dans le monde académique, notamment tenant compte du développement des formations en ligne de type MOOCs.

2. Présentation du scénario de la dématérialisation d’un titre

L’évaluation des besoins des acteurs et actrices de la communauté universitaire, le questionnement des cadres légaux et l’investigation de solutions techniques ont permis de préciser le processus de dématérialisation des titres sous la forme d’un scénario adapté aux contextes des universités suisses appelé «Référentiel des titres – usage d’identifiants uniques». Ce scénario permet d’une part de simplifier la diffusion du document et d’autre part de soutenir le processus d’authentification. Il se résume comme suit :

2.1        Fonctionnalité de base

Figure 1 : Fonctionnalité de base du processus de consultation d’une base de données nationale des titres

Figure 1 : Fonctionnalité de base du processus de consultation d’une base de données nationale des titres

Le titre est émis au format papier à partir des données provenant des bases institutionnelles puis elles sont transmises à une base centralisée qui se charge de la distribution des données. L’étudiant∙e dispose d’un lien présentant le contenu de son titre et attestant de son authenticité grâce au protocole de vérification. Ce protocole permet à tout un chacun de vérifier de manière rapide et fiable l’authenticité d’un titre délivré à partir du site web de confiance mis à disposition.

2.2         Fonctionnalité avancée centrée utilisateur

Le titre est émis à partir des données provenant des bases institutionnelles, lesquelles sont transmises à une base centralisée qui se charge de la distribution et, optionnellement, du formatage des données selon des normes techniques internationales. L’étudiant∙e dispose d’un environnement protégé par un système d’authentification à long terme comme par exemple Swiss edu-ID, qui lui permet d’accéder à tous ses diplômes. Dans ce scénario, les universités sont responsables des données et de leur qualité. L’organisme hébergeur de la base centrale offre aux universités une infrastructure commune répondant aux normes de stockage (cet organisme pourrait être SWITCH).

Figure 2 : Fonctionnalité avancée du processus de consultation d’une base de  nationale des titres

Figure 2 : Fonctionnalité avancée du processus de consultation d’une base de nationale des titres

3. Conclusion et recommandations

Cet état des lieux a permis de mieux comprendre le chemin institutionnel qui mène à la production d’un titre sur le modèle du cycle de vie d’un document. Actuellement, l’émission, la diffusion, et l’archivage du titre sont basé sur des données numériques dont le produit final est toujours édité au format papier. Sa dématérialisation représente une opportunité pour l’institution d’élaborer une politique institutionnelle sur le stockage et l’archivage des données numériques dans un cadre juridique adapté, en répondant à la préoccupation majeure du milieu académique quant à la sécurité des données, les risques de vol et d’usage malveillant de celles-ci. De plus, elle offre un gain d’efficacité pour l’organisation. Enfin, le scénario envisagé propose un service de vérification des titres allégé (pas d’obligation de présenter l’original papier, en particulier), avec un niveau de confiance équivalent voire supérieur.

En conclusion, le  groupe de travail recommande la mise en place d’un environnement centré sur l’étudiant∙e (Figure 3), qui permet à chaque diplômé∙e d’établir et de valoriser son parcours académique et professionnel, de certifier ses acquis auprès d’employeurs potentiels, et de conserver autant que possible son identité numérique.  Cet environnement devrait lui permettre :

  1. de faciliter l’accès ultérieur en ligne à ses certificats, diplômes et autres preuves de ses acquis ;
  2. de faciliter l’établissement d’un bilan de ses connaissances et compétences (formelles et informelles) ;
  3. d’actualiser ses acquis tout au long de sa vie pour faire face aux nouvelles exigences du marché de l’emploi.
Figure 3: Environnement national des diplômes, centré sur l’étudiant

Figure 3: Environnement national des diplômes, centré sur l’étudiant

Cet article a été rédigé par Anne Ronchi et Omar Benkacem

4. Références

[1] En particulier l’usage de normes internationales, telles qu’OAIS (norme de système d’archivage) ou ISO 15489 (norme sur les enregistrements numériques (Records Management)).

[2] Note interne concernant “Dématérialisation d’un titre Diplôme/grade” a été rédigée  par Alina Gussing-Weibel, juriste, Secteur des Affaires juridiques, Université de Genève. 3 avril 2014.

[3] Pour enrichir la réflexion sur le processus de dématérialisation des titres, des entretiens auprès de 28 représentant∙e∙s de la communauté académique et estudiantine des Universités de Genève et de Lausanne, ainsi que des employeurs, ont été effectués.



Enseignons autrement, innovons collectivement

Ils sont professeur∙e∙s, maître∙ses∙s d’enseignement et de recherche, chargé∙e∙s de cours, conseillers et conseillères en techno/pédagogie universitaire ou encore responsables académiques et partagent tous une même vision (qui s’apparente à une passion) : l’enseignement universitaire qui bouge, innove et change résolument de forme. Ensembles, ils constituent la Commission Innovations Pédagogiques (CIP) de l’université de Genève, dont l’ambition est de favoriser, soutenir et valoriser les innovations dans l’enseignement universitaire genevois.

Leur but ? Porter un regard critique sur l’enseignement d’aujourd’hui et sur celui de demain, fournir à la communauté une expertise en matière d’innovation et partager les innombrables initiatives créatives déjà mises en œuvre et qui ont fait leur preuve dans les départements, sections, facultés.

Forts de leurs expériences d’enseignant∙e∙s, ils questionnent les pratiques actuelles et en devenir, mettent en doute les conceptions et préjugés, interrogent les tendances ou ce que certains appellent les effets de mode :

  • Innover dans l’enseignement universitaire, pourquoi ? Et surtout comment ?

  • Intégrer les technologies dans son enseignement oui, mais avec quel réel impact sur l’apprentissage des étudiant∙e∙s ?

  • Les MOOCs sont-ils une opportunité à saisir aussi dans le cadre de l’enseignement en formation de base ?

Ne leur demandez pas de financer des projets, là n’est pas leur terrain d’action, par contre les membres de la commission peuvent vous aiguiller pour trouver du financement. Mais surtout, sollicitez-les pour une expertise pédagogique sur votre projet, pour des conseils sur le choix des technologies éducatives, pour favoriser le partage et la diffusion des bonnes pratiques ; vous trouverez du conseil pour dépasser des obstacles dans votre projet, et du conseil pour vous guider auprès des personnes ressources et des aides possibles.

Les projets de la commission pour 2015 ? Développer la reconnaissance des pratiques innovantes au travers de la création d’un prix de l’innovation pédagogique qui devrait voir le jour au cours de l’année et organiser la prochaine édition des rendez-vous de l’enseignement, journée durant laquelle la communauté universitaire peut échanger librement sur les pratiques de l’enseignement.



Serious Games : sérieux?

Article rédigé par Géraldine Chollet, Catherine Cooremans, Suzanne de Jonckheere et Dominique Jaccard

Les « Serious Games » sont des applications logicielles utilisant les principes et la mécanique du ludique (games) pour atteindre des objectifs sérieux (serious), tels que formation, marketing, diffusion d’idées ou motivation à suivre un traitement médical, par exemple.

Dans le domaine de la formation, les Serious Games sont de plus en plus présents dans des domaines très divers allant de l’ingénierie (e.g l’aéronautique) à la santé, en passant par les ressources humaines et le management. Ils sont utilisés autant au sein des entreprises que par des institutions de formation.

Expérimenter virtuellement une situation professionnelle

En tant que supports à l’enseignement et à l’apprentissage, les Serious Games s’adaptent particulièrement bien à une conception de la formation continue universitaire qui lie l’appropriation de connaissances au développement de compétences dans des situations complexes. En expérimentant virtuellement une situation professionnelle réelle, les apprenant∙e∙s mobilisent simultanément les acquis de la formation et leurs savoirs professionnels et personnels dans un environnement engageant et rassurant, puisque faire des erreurs est permis et sans conséquence, contrairement au monde réel. L’acquisition de compétences et connaissances se fait selon une démarche motivante liée à la réussite d’étapes successives. Encore faut-il s’assurer que ces étapes successives contribuent bien aux objectifs d’apprentissage et ne soient pas que des éléments ludiques, qui perturbent le processus d’apprentissage.

La proximité entre Serious Game et situation professionnelle réelle favorise le transfert des acquis et prépare à la mise en œuvre de solutions innovantes dans un environnement professionnel.

Développer de nouvelles compétences

A la fois ludique et sérieux, un Serious Game bien conçu permet de développer des savoirs de haut niveau taxinomique. Un quizz, par exemple, va permettre de tester ses propres connaissances et de mettre en place des stratégies d’apprentissage. Une simulation favorisera le développement de connaissances conceptuelles, un jeu d’action de connaissances procédurales. Quant au jeu de rôle, il va stimuler les connaissances stratégiques, basées sur un esprit critique, d’analyse, de synthèse, d’évaluation et de recommandation. Sans oublier la dimension collaborative, qui permet de renforcer les compétences humaines et sociales comme la négociation, le leadership, l’autonomie et la communication.

ManagEnergy : un Serious Game évalué par les étudiant∙e∙s

mac-energymanag

Dans le cadre du CAS en management de l’énergie de l’Université de Genève, Catherine Cooremans (Unige), Géraldine Chollet (Unige) et Dominique Jaccard (HEIG-VD) ont développé le Serious Game «ManagEnergy». Il est basé sur une situation et des données réelles fournies par une organisation souhaitant introduire une gestion de l’énergie.
Conçu comme une formation intégrée, ManagEnergy comprend une partie logicielle, qui est associée à des jeux de rôles, et un travail d’équipe. Utilisé dans le module d’intégration et de synthèse du CAS, il a été développé pour atteindre les objectifs et compétences attendues du programme.

Le fait que les concepteurs de ManagEnergy soient aussi les enseignant∙e∙s a permis d’introduire en temps réel les ajustements nécessaires lors de la première utilisation, en améliorant l’acquisition des connaissances par les étudiant∙e∙s, puis en intégrant ces améliorations dans le logiciel pour les utilisations suivantes.

Lors de l’évaluation du dispositif de formation, les étudiant∙e∙s ont souligné la plus-value du Serious Game, qui leur a permis à la fois d’intégrer les connaissances acquises dans les différents modules et d’accroître la capacité à transférer ces connaissances dans un cas pratique. Les participant∙e∙s ont encore relevé que le Serious Game était un concept pédagogique augmentant la motivation, favorisant le développement des compétences sociales, renforçant la cohésion du groupe et le transfert de connaissances dans un environnement de travail.

Références

  • Chollet G. (2014), Dépassement des résistances au management de l’énergie. Etude de cas du « Serious Game ManagEnergy » dans le cadre d’une formation continue à Genève. Mémoire de maîtrise. Institut des sciences de l’environnement. Université de Genève (2014)
  • Mayer, R.E. (2014). Computer Games for Learning. MIT Press
  • Serious Games ALBASIM
  • CAS en management de l’énergie


10’000 nouveaux ebooks à la bibliothèque

La bibliothèque continue de développer sa collection de livres en ligne avec près de 10’000 ebooks acquis récemment auprès d’éditeurs de renommée tels que Springer, Oxford University Press, ainsi que des éditeurs universitaires francophones rassemblés sur la plateforme OpenEdition Books.

Les sujets couverts sont des plus variés et notamment certains intéressant les usagers de la Bibliothèque Uni Mail : Sciences de l’environnement, Informatique, Sciences sociales, Business & Management, Droit, Linguistique, Psychologie.

Ebooks

Tous les ebooks sont accessibles depuis le réseau informatique du campus et par VPN. Plus d’information sur : http://www.unige.ch/biblio/trouver/ebooks/



Retour sur les eduhub days 2015

Les 14 et 15 janvier 2015, l’Université de Bâle a accueilli les 7ème eduhub days. Cet événement a rassemblé plus de 130 acteurs et actrices de la communauté e-learning des universités et hautes-écoles de Suisse. Au programme, 2 « keynotes » (sessions-clés) et un « workshop » (atelier) sur la thématique du Design Thinking, et 16 « Innovation Cafés » d’échange sur des sujets variés. Voici quelques-unes des thématiques présentées:

Design Thinking, quèsaco ?

Le Design Thinking a fait l’objet de deux « keynotes » et d’un « workshop » des Eduhub Days. En introduction, dans «Why Design Thinking?», le professeur Falk Uebernickel (Institut für Wirtschaftsinformatik, Université de St. Gall) en a présenté les principaux aspects. Au cours de l’atelier consécutif, il a mis les participants à contribution en les invitant, dans une étude de cas, à mettre en pratique deux des phases du processus.

Le lendemain, dans une seconde session-clé, le professeur Ulrich Weinberg (Hasso-Plattner-Institute, une université privée de Potsdam) a insisté sur les bénéfices du processus pour les groupes de travail, dans son intervention «Design Thinking – Pushing the Creative Power of Teams»

Formulé pour la première fois au début des années 90 (Rolf Faste, Stanford University), le terme « Design Thinking » fait référence à un processus qui associe la pensée analytique et la pensée intuitive, en particulier dans la résolution de problèmes liés à l’innovation. Il est fortement centré sur l’utilisateur, qui y participe activement. Si les techniques utilisées ne sont pas nouvelles (objectifs bien formulés, recherche créative, prototypage, … ) , leur assemblage en un processus itératif représente une indéniable plus-value.

Suivant l’institution qui l’enseigne ou l’entreprise mandatée pour consultation, le Design Thinking s’articule en 5 à 7 étapes. L’exemple ci-après, de Nueva School (Hillsborough, Californie), décrit en détail les points importants du processus.

nueva_school

Il n’a cependant pas échappé aux participant∙e∙s que le succès du Design Thinking est fortement lié à la personnalité des coachs. Si la session «active» a été plébicitée par une forte majorité, qui a eu l’occasion de vivre le processus en action sous la direction d’un Falk Uebernickel à l’enthousiasme communicatif, il ne restera du deuxième jour que le vœux pieu d’Ulrich Weinberg, qui après avoir longuement parlé de ses différents projets, a formulé le souhait que l’IQ (quotient intellectuel individuel) se transforme en WeQ (intelligence plurielle, en réseau)…

Designing Tomorrow’s Learning Spaces

Une petite équipe de l’université de Bâle (autour de Heidi Röder, Sabina Brandt, Ursula Schwander et Gudrun Bachmann) a présenté une démarche pour améliorer les espaces d’études destinés aux étudiant∙e∙s. Contrairement à la manière habituelle qui consiste à appliquer une recette « top-down » (qui, comme l’ont relevé les intervenantes,  a eu pour effet d’équiper ces espaces avec du mobilier de laboratoire…), l’université de Bâle a fortement impliqué les étudiant∙e∙s dans la création de leurs espaces. Un sondage a d’abord permis de de définir les grandes lignes de l’agencement désiré. Puis une phase de prototypage, pendant laquelle les étudiant∙e∙s ont pu essayer et commenter diverses solutions, a permis d’affiner le design. Au final, il est étonnant de voir le chemin parcouru entre la solution «top-down» initiale et la version finale : l’agencement, l’éclairage, le mobilier, le choix des couleurs,… sont à l’opposé de ce qui était proposé.  Avocats de longue date de processus impliquant fortement les utilisateurs, dans toute sorte de domaines, nous ne pouvons qu’applaudir cette démarche !

Tous les problèmes n’ont cependant pas été résolus, en particulier les nuisances issues de l’utilisation concurrente par des individus et des groupes.

Production de vidéos: facile

Comment est-il possible de produire facilement des capsules vidéo proposant des démonstrations mathématiques, des corrections d’exercices ou l’introduction de nouveaux concepts ? La réponse nous a été expliquée par Guillaume Schiltz de l’ETHZ. La solution qu’il a présentée se base sur un dispositif comprenant une caméra document (voir image ci-dessous) combinée avec un logiciel de capture vidéo (par exemple, Camtasia, Jing, etc.).

Caméra document

Ce dispositif permet à l’enseignant∙e d’enregistrer à la fois le mouvement des mains (écriture, pointage, etc.) ainsi que les explications orales. La vidéo ainsi créée est ensuite post-produite par un∙e moniteur/trice étudiant∙e puis mise en ligne sur Youtube (voir un exemple ci-dessous).

Depuis le début du projet pilote en 2013, 113 vidéos ont été mises en ligne: elles ont été vues plus de 15’000 fois.

e-assessment

Deux services de e-assessment ont été présentés lors des innovation cafés, SEB (Safe Exam Browser) présenté par le service LET de l’ETHZ, et BeAXi présenté par l’université de Bâle.

SEB

SEB est un “navigateur Web sécurisé” développé en Open Source par l’École Polytechnique Fédérale de Zürich (ETHZ). Il permet de réaliser des examens en ligne en toute sécurité, tout en améliorant l’évaluation, la fiabilité et l’objectivité de ceux-ci. SEB est facile à installer sous Windows, Mac, et Linux. Il permet d’exploiter un environnement numérique d’apprentissage existant (Moodle/Ilias) pour concevoir et faire passer des examens. SEB autorise également l’utilisation de tout logiciel tiers utilisé dans les situations d’apprentissage, Excel ou Statistica p.ex, sans compromettre la sécurité de l’examen.

 

BeAXi

BeAXi est une suite logicielle client/serveur développée à l’Université de Bâle. Elle se compose de deux outils: BeAXi Manager et BeAXi Client sur IPad. Dans la version complète, la composante logicielle auteure BeAXi Manager permet de créer un examen avec des typologies de questions élaborées. Pour l’instant, il ne fonctionne que sur IPad, l’examen étant ensuite exporté au format xml et chargé sur l’IPad des candidat∙e∙s. BeAxi se distingue par une tolérance aux coupures du réseau informatique pendant l’examen, car les réponses sont stockées localement sur l’IPad des candidat∙e∙s. En revanche, l’ensemble des données sont chiffrées et synchronisées sur un serveur dédié.

ebooks

3 Innovative Cafés étaient consacrés à la thématique des ebooks, ces livres au format numérique téléchargeables, stockables et lisibles sur des appareils mobiles (tablette, smartphone, liseuse, etc.).

Le projet eskript, présenté par Sarah Frederickx de l’ETHZ, est une plateforme de production et de publication de ebooks mises à disposition des enseignant·e·s. Elle permet d’intégrer au texte des ressources multimédia, telles que vidéos, audio, animations, ou encore médias interactifs, comme un quiz par exemple. Une fonctionnalité d’annotation collaborative permet à chaque lecteur/trice d’annoter un mot ou un passage du livre de manière privée ou publique, afin de partager ces commentaires ou de poser une question à l’auteur∙e de la ressource.

Afin de créer ce type d’ebooks enrichis en multimédia, Bruno Wenk de HTW Chur, présentait les 3 challenges principaux lors du café «Hands-on Enhanced E-Book Production» :

– Il existe encore peu de logiciels libres permettant de produire et de publier des livres électronique dans des formats standards (epub3, PDF, etc.) sans recourir à des connaissances avancées en HTML5, CSS, etc.

– La plus-value de la vidéo et de l’audio dans l’apprentissage doit être clairement identifiée : quels types de savoir ou de processus gagnent à être présentés via ces médias ?

– Le format EPUB3 tend à s’imposer comme un standard mais toutes les fonctionnalités de ce format ne sont pas encore supportées par tous les appareils mobiles.

On voit donc l’intérêt de proposer aux étudiant·e·s ce type de ressources, consultables sur différents supports mobiles, ouvertes à un enrichissement multimédia, mais également annotables, voire partageables. Le projet « Paperless Study » , présenté lors d’un Innovative café par Daniela Lozza de ZHAM, présentait d’ailleurs les résultats d’une étude dans laquelle un groupe d’étudiant·e·s utilisaient exclusivement une tablette pour lire et prendre des notes. Il en ressortait que le groupe «paperless» prenait davantage de note que le groupe de contrôle. De plus, 77% déclaraient explorer de nouvelles techniques d’apprentissage grâce aux fonctionnalités des tablettes.

Mais le développement des ebooks et de ces nouvelles pratiques doit s’accompagner d’une infrastructure adaptée : la couverture WLAN et un nombre insuffisant de prises électriques dans les salles de cours restent souvent les points faibles des établissements.

Conclusion

L’intelligence en réseau est manifestement déjà en action aux Eduhub Days. En effet, et c’est ce qui ressort de ces dernières éditions, les participant∙e∙s sont au centre des thématiques abordées, puisqu’ils sont non seulement appelés à préciser leurs besoins, mais également à participer activement . En même temps, c’est une plate-forme unique pour réunir les personnes qui, en Suisse, sont chargées de conseiller, supporter et d’innover en matière d’enseignement et d’apprentissage  dans les hautes écoles.

Résultat : quelles que soient leurs attentes, les participant∙e∙s repartent toutes et tous, qui avec des solutions simples et pragmatiques, qui avec de nouvelles idées, qui enfin avec des promesses de collaboration.

La fréquentation de l’événement est ouverte à toute personne actrice ou intéressée.

Billet rédigé collaborativement par Suzanne de Jonckheere, Pierrel Lehmann, Patrick Roth, Omar Benkacem, Laurent Moccozet et Elsa Sancey