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    BBS Mise en œuvre d’une démarche inductive pour caractériser les perceptions de présence des pairs dans le cadre d’activités collectives en groupe et à distance

Catégorie : Analyses & réflexions

Billet proposant un retour d’expérience, une analyse, une réflexion…


La flexibilisation : un nouveau paradigme pour l’enseignement ?

Suite au passage en ligne abrupt du printemps 2020 dû à la crise du COVID-19, il est beaucoup question de la redéfinition de nos conceptions sur l’éducation (voir par exemple la série de webinaires EDEN – European Distance Education Network, portant sur l’Education in time of a new normal). On parle aussi beaucoup de flexibilité, surtout dans l’enseignement universitaire, en rangeant sous ce terme toutes sortes d’innovations, d’ajustements et de changements ou estimant que le passage en ligne est la réponse à la demande ou au besoin de flexibilité. Mais la flexibilité dans l’enseignement va bien au-delà et demande des réponses plus variées que le seul passage en « remote teaching ».

5 types de flexibilisations

Dans l’un de ses articles en ligne post-covid, teachonline.ca (plateforme canadienne de ressources, informations et réflexions sur l’enseignement à distance, destinée aux enseignant-es du post-secondaire) définit 5 types de flexibilité :

 

Flexibilité dans le scénario de cours et options de calendrier

Par exemple : offrir un cours en ligne sur une période de 12 mois et pas un semestre, ou avec date de début ouverte ; choix entre versions courte ou longue ; ressources d’apprentissage et devoirs à option, pour permettre à l’étudiant-e un parcours d’apprentissage personnalisé, adapté à ses besoins et intérêt.

Flexibilité dans la reconnaissance des acquis et l’attribution de crédits

Par exemple : mieux utiliser les apprentissages antérieurs, ou permettre aux étudiant-es de passer l’examen sans avoir à suivre le cours en entier ; évaluer plus les compétences.

Flexibilité dans l'achèvement du programme

Par exemple : mieux utiliser les crédits transférables, réduire ou éliminer l’obligation de résidence.

Flexibilité dans l’évaluation

Par exemple: donner la possibilité à l’étudiant-e de passer les examens à la demande ; donner un feedback rapide pour les évaluations formatives et un feedback approfondi et détaillé pour les évaluations sommatives.

Flexibilité du parcours

Par exemple: créer et rendre plus accessibles des passerelles entre apprentissage, travail et diplômes.

Un exemple de flexibilisation du parcours d’apprentissage : le modèle Hyflex

Comme exemple de flexibilisation de l’enseignement, on peut citer un modèle hybride flexible connu sous le nom de Hyflex, dont l’objectif est de donner aux étudiant-es le plus grand choix possible dans le cadre d’un programme d’apprentissage formel. Au cœur de ce modèle se trouve le principe selon lequel l’apprentissage est équivalent, quel que soit le mode.



BrownBag Seminar: Comment construire un processus d’évaluation d’un EIAH basé sur le Design-based Research ?

Intervenante: Dre. Nadine Mandran, Ingénieure de Recherche CNRS

Nadine Mandran présentera un modèle de méthode visant à construire un processus d’évaluation d’une plateforme numérique en contexte réel dans le temps. Les objectifs de cette évaluation sont : de répondre aux attentes des enseignants, de fournir des données pour la recherche, de faire évoluer techniquement la plateforme et de fournir à l’institution, financeur du projet, des retours sur son utilisation. Cette évaluation sera illustrée avec le projet LabNBook qui a concerné 157 enseignants et plus de 4500 étudiants. L’intervenante présentera le bilan de l’utilisation des propriétés du Design-based Research (DBR).

 

Les séminaires BrownBag sont organisés par TECFA et sont ouverts à tou-tes.

BrownBag Seminar Mardi 9 mars 2021 | 13h30 -14h30
En ligne via ZOOM



5 idées d’activités pour « réveiller » vos étudiants derrière leurs écrans

(ce billet est proposé par Jue Wang Szilas et Nicolas Szilas)

C’est jeudi… déjà plus de trois jours devant son écran à écouter les profs parler depuis Zoom… le bureau est plus grand, la chaise est plus confortable, mais quand même, on attend de l’université une activité un peu plus stimulante !

En enseignement à distance et en direct, en visio-conférence, le cours donné quasiment à l’identique pour des élèves à distance est un pis-aller (nous l’écrivions dans un précédent billet). Mais alors que faire de ces périodes de cours, si on ne fait pas cours ? Dans ce billet, nous vous proposons cinq idées, certaines pour de grandes classes, d’autres pour de plus petites, qui tendent à montrer qu’être à distance présente, malgré les idées reçues, des avantages certains pour la formation. Alors pourquoi s’en priver ?

1.   Travail de groupe : les bienfaits de la téléportation

Que votre interlocuteur soit dans la pièce à côté ou sur un autre continent, cela ne change pas grand-chose dans la communication virtuelle, seule compte la topologie du réseau d’interconnexion entre les personnes d’une classe. Et cette topologie peut changer d’un coup de baquette magique. Ainsi, alors que la disposition spatiale de la classe (une estrade unique et de nombreuses tables/chaises) est conçue pour une topologie en étoile, la communication virtuelle permet d’adopter d’autres topologies, notamment en îlots, qui est celle du travail de groupe. Et surtout, de passer instantanément d’une configuration à l’autre.

Finis les grincements de chaise, les inévitables « chahuts » lors de la réorganisation de la classe, vous pouvez facilement alterner travail de groupe et travail en classe entière, et ce même pour des grandes classes. Sur Zoom par exemple, il est possible de créer des sous-groupes manuellement (voir par exemple ce court tutoriel), mais aussi automatiquement. On peut aussi préparer la constitution des groupes avant le démarrage du cours.



Repenser l’Évaluation comme levier supplémentaire d’apprentissage au XXIe siècle – Appel à réflexion

La seconde phase d’enseignement à distance imposée par l’évolution de la pandémie de COVID-19 montre que loin d’être une simple parenthèse avant de revenir à la « normale », l’enseignement à distance et plus particulièrement les examens à distance vont devenir une pratique qui va s’imposer durablement et devenir de plus en plus courante en intégrant les méthodes pédagogiques des hautes écoles.

La question cruciale qui se pose dès lors est celle de la garantie de la qualité des diplômes délivrés. Dans le cas particulier des évaluations à distance, il s’agit de s’assurer des conditions dans lesquelles ces évaluations se déroulent et en particulier du contrôle d’identité des étudiants. Ceci est donc directement en lien avec des craintes de triches de toutes natures. A distance, signifie que l’étudiant est loin des yeux et que loin des yeux, il peut, et donc qu’il va forcément tricher. La solution qui semble largement adoptée pour y faire face consiste à rechercher des solutions purement « technicistes » aussi appelé « solutionnisme »[1]. Les examens à distance s’appuyant sur les technologies de l’information et de la communication, il est tentant d’avoir recours à ces technologies pour mettre les étudiants sous étroite surveillance avec comme objectif l’éradication de la triche. Ces méthodes sont regroupées sous le terme de « proctoring ». Elles visent à surveiller l’étudiant soit pour empêcher la triche, soit pour détecter la triche de façon la plus automatisée possible. Elles reposent sur des techniques de plus en plus sophistiquées qui complexifient pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants la mise en place et le passage d’un examen. Elles posent aussi par principe une présomption de culpabilité pour l’étudiant, si ce n’est de tricher, au moins de vouloir tricher.



Trois principes à ne jamais perdre de vue quand on bascule son cours à distance

Nous avons tous connu ce passage brutal à l’enseignement à distance au printemps 2020, quand il a fallu en urgence transformer tous nos cours donnés en modalité présentielle en cours à distance. On a improvisé, on a bricolé, on a parfois innové, on a eu du mal mais on y est arrivé.

Même si l’Université de Genève a choisi à l’automne un « retour à la normal avec les masques », ce qui n’a guère poussé l’enseignement à distance, j’encourage les enseignants à tester plus en avant cette possibilité : elle est une protection antivirale indéniable, mais pas que.

Au printemps, nous avons été parachutés tout nus dans la jungle du «e-learning», il ne s’agit pas d’y retourner dans les mêmes conditions, mêmes un peu aguerris par l’expérience. Le temps était à l’urgence, il est aujourd’hui à la préparation. Munis de nos cartes, crayons, livres, machettes et autres boussoles, nous pouvons explorer cette jungle avec d’avantage de sérénité, pour y découvrir son étonnante richesse. Et pour cela, je vous propose trois principes, faciles à comprendre, mais  faciles à … ne pas suivre. Je les écris donc pour vous lecteurs, mais aussi pour moi, à présent enseignant à distance.

Principe n° 1 : La modalité du « cours filmé en direct » est un pis-aller.

Nous l’avons beaucoup utilisée dans l’urgence, mais si on peut préparer en avance, ce n’est pas le meilleur choix. Il y plusieurs raisons à cela. D’une part, votre cours filmé sera toujours moins intéressant quand il est suivi à distance. L’interaction, même minime, avec votre auditoire est ce qui lui donne cette énergie et cette « présence », justement. D’autre part, comme la plupart des cours donnés à l’université sont très peu interactifs, autant vous pré-enregistrer pour ces sessions peu interactives, et les diffuser sous forme de vidéos. Les étudiants apprécient beaucoup ce format, qui leur permet d’absorber le contenu à leur rythme (consulter le cours à sa guise, faire une pause, accélérer, etc.). De manière générale, on a pu constater dans le domaine des technologies éducatives que la transposition « mot à mot » d’une activité en présence vers un format numérique n’est jamais une bonne solution. C’est comme regarder du théâtre filmé, ou une mauvaise adaptation cinématographique d’un livre, qui déçoit les personnes qui ont lu le livre.

Mais si je donne mon cours en vidéo, je fais quoi pendant les heures de cours ? C’est ici qu’intervient notre deuxième principe, cher à tout ingénieur techno-pédagogique qui se respecte…