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Retour sur les eduhub days 2016

Les eduhub days 2016 se sont déroulés les 27 et 28 janvier à l’Université de Fribourg. Ce rendez-vous annuel des acteurs de la communauté e-learning des universités et hautes-écoles de Suisse a rassemblé plus de 140 personnes autour d’un programme riche en ateliers et présentations: les Creatives Cafés et Showrooms. Ce billet revient sur plusieurs thématiques qui ont été abordées durant l’événement:

Learning Analytics

Dans sa présentation, Martin Ebner (TU Graz) a parlé des «Learning Analytics» comme moyen de comprendre les comportements des apprenant∙e∙s qui suivent un MooC. Les résultats sont ensuite utilisés pour en améliorer la qualité.
Les logs fournissent la matière première de l’analyse: les données relatives aux sessions (heure, durée et fréquence de connection, …), à l’activité (vidéos visionnées, quiz tentés, participation au forum, …) et au comportement (interruption des vidéos, …) y sont en effet automatiquement collectées.
Sur la base de ces données, diverses corrélations sont établies et analysées. Par exemple, la relation entre fréquence de visionnement de vidéos, participation aux forums, participation aux quiz d’une part et l’obtention du certificat, d’autre part.
Si la démarche a d’emblée parue séduisante, on a pu constater à l’heure des questions, qu’elle a tendance à boiter quelque peu. Les solutions aux quiz, par exemple, sont fournies aux participant∙e∙s après le premier essai. Pas étonnant, dans ce cas, que les scores s’améliorent avec le nombre d’essais, ou pour être plus précis, après la première tentative !
En réalité, pour analyser une corrélation, ne conviendrait-il pas d’en poser d’abord l’hypothèse, puis de la vérifier au moyen d’un dispositif expérimental, à l’image de ce qui se fait dans beaucoup de domaines de la recherche scientifique? Utiliser tel quel des données collectées à la volée, sans finalité précise, est en tout cas délicat.
S’ajoute à cela que la taille des échantillons est généralement insuffisante. Peut-être serait-il dès lors sage qu’à la place de learning analytics, dans la forme présentée par Martin Ebner, on récupère un feed-back par interaction directe avec les participant∙e∙s, par exemple au moyen d’un questionnaire.
M. Ebner a exprimé le regret que certain∙e∙s étudiant∙e∙s se voient réussir leur cursus MooC, sans pour autant utiliser toutes les ressources mises à disposition à cette fin: c’est oublier que ceux/celles-ci mettent en application les stratégies les plus écologiques (meilleure note pour moins d’effort). Et ce phénomène est antérieur aux seuls MooCs

Learning Videos

La thématique des vidéos a occupé une place importante dans les différents moments des eduhub days, et les ateliers qui y étaient associés ont rassemblé un large public venant de toutes les institutions. Ceci démontre la tendance actuelle à la production et la diffusion de matériel vidéo, certainement lancée par les MOOCs. Quatre ateliers (ou présentations) étaient consacrés aux vidéos, abordant chacun un aspect différent.

L’Université de Fribourg invitait à collaborer à la production d’un guide pratique proposant aux enseignant∙e∙s des pistes de réflexions et des conseils pratiques tant sur les aspects techniques de production (quel matériel est nécessaire ? où diffuser ma vidéo ? etc.) que sur les aspects d’ordre pédagogique (quelle est la durée optimale d’une vidéo ? comment intégrer ce matériel à mon enseignement ? etc.). Les participant∙e∙s ont pu prendre connaissance de l’ébauche du guide et suggérer des améliorations et des compléments. Un groupe s’est constitué pour poursuivre ce travail après les eduhub days.

Lorsque la vidéo est réalisée, comment la diffuser ? SWITCH a présenté SWITCHTube, un portail de vidéo pour l’enseignement supérieur suisse. Nombreuses sont les institutions à posséder une chaîne YouTube (dont l’Université de Genève) mais ce canal est plutôt utilisé comme vitrine publique. Les vidéos d’apprentissage doivent être stockées sur des plateformes (l’UNIGE utilise elle Mediaserver) permettant de gérer finement les accès au contenu et le téléchargement, tout en évitant la publicité et les termes d’utilisation des grands portails vidéos du web. Les dernières fonctionnalités intégrées par SWITCHTube sont un moteur de recommandation de vidéos, la possibilité d’accélérer, et l’abonnement aux chaînes.

L’étape suivante est naturellement le visionnage par les étudiants. Les universités de Berne et de Fribourg ont présenté le plugin Annotate! qui permet à chaque utilisateur d’annoter la timeline de la vidéo de façon privée ou publique, via des tags ou en entrant du texte libre. Ce type d’interface permet des types d’usage différent pour l’apprentissage individuel ou collaboratif, l’analyse de vidéos, l’interactivité dans les vidéos, etc.

Pour terminer, une chercheuse de l’Université de Fribourg a présenté les premiers résultats de son travail de comparaison entre les vidéos d’introduction et les vidéos d’apprentissage dans les MOOCs. Les critères d’analyse sont nombreux (70) et variés : cadrage, rythme, dramaturgie, musique, etc.

Virtual reality

Lors des sessions de Creative Cafés I, nous avons assisté à l’atelier sur l’innovation présentés par Safak Korkut et Janine Jäger. Deux chercheurs de l’institut des systèmes d’information du centre de compétence des nouvelles tendances et de l’innovation ( FHNW). Spécialisés dans la production de vidéo, la conception de jeux, ils concentrent leurs recherches sur l’analyse des gadgets, la visualisation des données, les nouvelles technologies pour le soutien pédagogique, l’intelligence artificielle et la gamification.

D’après les intervenants, les plateformes de financement communautaires ( crowdfunding) sont inondées de produits technologiques qui visent tous un placement durable sur le marché. Beaucoup de ces produits sont remplis de promesses et offrent des possibilités amusantes et créatives pour interagir avec son smartphone. Cependant, beaucoup de ces objets technologiques deviennent obsolètes et  sont remplacées par des technologies plus récentes.

Le but de cet atelier était de présenter aux participants quelques gadgets innovants tels que les cardboard et les Oculus Rift, des casques de réalité virtuelles et de 3D gaming afin de les essayer pour générer des nouvelles idées quant à l’utilisation des ces produits technologiques dans le domaine de l’éducation.

Les discussions étaient constructives car plusieurs scénarios ont été proposés pour appliquer ses gadgets technologiques dans l’enseignement notamment dans une salle de classe virtuelle dans le cadre d’une formation à distance, dans le domaine de l’architecture, de la médecine, de la psychologie, de la chimie, de la géologie. Les participant∙e∙s ont aussi pensé que ces produits technologiques pourraient être utilisés pour apprendre à piloter, à conduire, à mieux connaître les monuments historiques.

Selon les présentateurs, les  nouvelles  technologies  innovantes doivent être régulièrement identifiées et évaluées en fonction de leur pertinence pour l’enseignement supérieur. De plus,  la création d’idées autour de ces nouvelles technologies est importante . En outre, la culture  numérique doit être encouragée comme une compétence de base de l’ère numérique.

Selon eux, l’intégration des technologies innovante est intéressante, mais les coûts, les ressources et la gestion des technologies pourraient être les obstacles.

e-Assessment

Dans ce Creative Café, les représentants de trois universités suisses à savoir (UNIGE, ETHZ, UZH) ont donné une présentation commune sur leur retour d’expérience en matière de e-assessment dans leurs instituions respectives. Mais l’idée générale de cette rencontre était de promouvoir des synergies entre des universités intéressées par ce dispositif dans l’optique de créer un échange sur les bonnes pratiques et d’initier des collaborations dans ce sens.

Pour récapituler cette rencontre, nous pouvons dire que l’implémentation d’un service e-assessment dans une institution ouvre la voie à de nombreuses possibilités d’évaluations, mais aussi à des défis. D’où l’intérêt de commencer d’abord par un projet qui devrait être inscrit dans un processus évolutif via des pilotes et selon une démarche « bottom up ». Sans oublier que ce dispositif, par sa nature transversale, pourrait avoir de l’impact sur plusieurs domaines: les particularités techniques et pédagogiques, la dimension matérielle et logistique ainsi que les questions réglementaires.

Pour  terminer, un résumé détaillé a été rédigé en terme de cette Creative café, et il est accessible depuis le lien suivant.

Ce billet a été rédigé collaborativement par Omar Benkacem, Pierre Lehmann, Bineta Ndiaye et Elsa Sancey.



2016 eduhub days feedback

The 2016 eduhub-days edition in Fribourg kept with its tradition of being a successful event wherein e-learning aficionados/aficionadas meet to share common issues and best practices in HEI teaching and learning. Once again a wide diversity of technologies was discussed within small groups (cafés and showroom sessions). (suite…)



Retour sur les eduhub days 2015

Les 14 et 15 janvier 2015, l’Université de Bâle a accueilli les 7ème eduhub days. Cet événement a rassemblé plus de 130 acteurs et actrices de la communauté e-learning des universités et hautes-écoles de Suisse. Au programme, 2 « keynotes » (sessions-clés) et un « workshop » (atelier) sur la thématique du Design Thinking, et 16 « Innovation Cafés » d’échange sur des sujets variés. Voici quelques-unes des thématiques présentées:

Design Thinking, quèsaco ?

Le Design Thinking a fait l’objet de deux « keynotes » et d’un « workshop » des Eduhub Days. En introduction, dans «Why Design Thinking?», le professeur Falk Uebernickel (Institut für Wirtschaftsinformatik, Université de St. Gall) en a présenté les principaux aspects. Au cours de l’atelier consécutif, il a mis les participants à contribution en les invitant, dans une étude de cas, à mettre en pratique deux des phases du processus.

Le lendemain, dans une seconde session-clé, le professeur Ulrich Weinberg (Hasso-Plattner-Institute, une université privée de Potsdam) a insisté sur les bénéfices du processus pour les groupes de travail, dans son intervention «Design Thinking – Pushing the Creative Power of Teams»

Formulé pour la première fois au début des années 90 (Rolf Faste, Stanford University), le terme « Design Thinking » fait référence à un processus qui associe la pensée analytique et la pensée intuitive, en particulier dans la résolution de problèmes liés à l’innovation. Il est fortement centré sur l’utilisateur, qui y participe activement. Si les techniques utilisées ne sont pas nouvelles (objectifs bien formulés, recherche créative, prototypage, … ) , leur assemblage en un processus itératif représente une indéniable plus-value.

Suivant l’institution qui l’enseigne ou l’entreprise mandatée pour consultation, le Design Thinking s’articule en 5 à 7 étapes. L’exemple ci-après, de Nueva School (Hillsborough, Californie), décrit en détail les points importants du processus.

nueva_school

Il n’a cependant pas échappé aux participant∙e∙s que le succès du Design Thinking est fortement lié à la personnalité des coachs. Si la session «active» a été plébicitée par une forte majorité, qui a eu l’occasion de vivre le processus en action sous la direction d’un Falk Uebernickel à l’enthousiasme communicatif, il ne restera du deuxième jour que le vœux pieu d’Ulrich Weinberg, qui après avoir longuement parlé de ses différents projets, a formulé le souhait que l’IQ (quotient intellectuel individuel) se transforme en WeQ (intelligence plurielle, en réseau)…

Designing Tomorrow’s Learning Spaces

Une petite équipe de l’université de Bâle (autour de Heidi Röder, Sabina Brandt, Ursula Schwander et Gudrun Bachmann) a présenté une démarche pour améliorer les espaces d’études destinés aux étudiant∙e∙s. Contrairement à la manière habituelle qui consiste à appliquer une recette « top-down » (qui, comme l’ont relevé les intervenantes,  a eu pour effet d’équiper ces espaces avec du mobilier de laboratoire…), l’université de Bâle a fortement impliqué les étudiant∙e∙s dans la création de leurs espaces. Un sondage a d’abord permis de de définir les grandes lignes de l’agencement désiré. Puis une phase de prototypage, pendant laquelle les étudiant∙e∙s ont pu essayer et commenter diverses solutions, a permis d’affiner le design. Au final, il est étonnant de voir le chemin parcouru entre la solution «top-down» initiale et la version finale : l’agencement, l’éclairage, le mobilier, le choix des couleurs,… sont à l’opposé de ce qui était proposé.  Avocats de longue date de processus impliquant fortement les utilisateurs, dans toute sorte de domaines, nous ne pouvons qu’applaudir cette démarche !

Tous les problèmes n’ont cependant pas été résolus, en particulier les nuisances issues de l’utilisation concurrente par des individus et des groupes.

Production de vidéos: facile

Comment est-il possible de produire facilement des capsules vidéo proposant des démonstrations mathématiques, des corrections d’exercices ou l’introduction de nouveaux concepts ? La réponse nous a été expliquée par Guillaume Schiltz de l’ETHZ. La solution qu’il a présentée se base sur un dispositif comprenant une caméra document (voir image ci-dessous) combinée avec un logiciel de capture vidéo (par exemple, Camtasia, Jing, etc.).

Caméra document

Ce dispositif permet à l’enseignant∙e d’enregistrer à la fois le mouvement des mains (écriture, pointage, etc.) ainsi que les explications orales. La vidéo ainsi créée est ensuite post-produite par un∙e moniteur/trice étudiant∙e puis mise en ligne sur Youtube (voir un exemple ci-dessous).

Depuis le début du projet pilote en 2013, 113 vidéos ont été mises en ligne: elles ont été vues plus de 15’000 fois.

e-assessment

Deux services de e-assessment ont été présentés lors des innovation cafés, SEB (Safe Exam Browser) présenté par le service LET de l’ETHZ, et BeAXi présenté par l’université de Bâle.

SEB

SEB est un “navigateur Web sécurisé” développé en Open Source par l’École Polytechnique Fédérale de Zürich (ETHZ). Il permet de réaliser des examens en ligne en toute sécurité, tout en améliorant l’évaluation, la fiabilité et l’objectivité de ceux-ci. SEB est facile à installer sous Windows, Mac, et Linux. Il permet d’exploiter un environnement numérique d’apprentissage existant (Moodle/Ilias) pour concevoir et faire passer des examens. SEB autorise également l’utilisation de tout logiciel tiers utilisé dans les situations d’apprentissage, Excel ou Statistica p.ex, sans compromettre la sécurité de l’examen.

 

BeAXi

BeAXi est une suite logicielle client/serveur développée à l’Université de Bâle. Elle se compose de deux outils: BeAXi Manager et BeAXi Client sur IPad. Dans la version complète, la composante logicielle auteure BeAXi Manager permet de créer un examen avec des typologies de questions élaborées. Pour l’instant, il ne fonctionne que sur IPad, l’examen étant ensuite exporté au format xml et chargé sur l’IPad des candidat∙e∙s. BeAxi se distingue par une tolérance aux coupures du réseau informatique pendant l’examen, car les réponses sont stockées localement sur l’IPad des candidat∙e∙s. En revanche, l’ensemble des données sont chiffrées et synchronisées sur un serveur dédié.

ebooks

3 Innovative Cafés étaient consacrés à la thématique des ebooks, ces livres au format numérique téléchargeables, stockables et lisibles sur des appareils mobiles (tablette, smartphone, liseuse, etc.).

Le projet eskript, présenté par Sarah Frederickx de l’ETHZ, est une plateforme de production et de publication de ebooks mises à disposition des enseignant·e·s. Elle permet d’intégrer au texte des ressources multimédia, telles que vidéos, audio, animations, ou encore médias interactifs, comme un quiz par exemple. Une fonctionnalité d’annotation collaborative permet à chaque lecteur/trice d’annoter un mot ou un passage du livre de manière privée ou publique, afin de partager ces commentaires ou de poser une question à l’auteur∙e de la ressource.

Afin de créer ce type d’ebooks enrichis en multimédia, Bruno Wenk de HTW Chur, présentait les 3 challenges principaux lors du café «Hands-on Enhanced E-Book Production» :

– Il existe encore peu de logiciels libres permettant de produire et de publier des livres électronique dans des formats standards (epub3, PDF, etc.) sans recourir à des connaissances avancées en HTML5, CSS, etc.

– La plus-value de la vidéo et de l’audio dans l’apprentissage doit être clairement identifiée : quels types de savoir ou de processus gagnent à être présentés via ces médias ?

– Le format EPUB3 tend à s’imposer comme un standard mais toutes les fonctionnalités de ce format ne sont pas encore supportées par tous les appareils mobiles.

On voit donc l’intérêt de proposer aux étudiant·e·s ce type de ressources, consultables sur différents supports mobiles, ouvertes à un enrichissement multimédia, mais également annotables, voire partageables. Le projet « Paperless Study » , présenté lors d’un Innovative café par Daniela Lozza de ZHAM, présentait d’ailleurs les résultats d’une étude dans laquelle un groupe d’étudiant·e·s utilisaient exclusivement une tablette pour lire et prendre des notes. Il en ressortait que le groupe «paperless» prenait davantage de note que le groupe de contrôle. De plus, 77% déclaraient explorer de nouvelles techniques d’apprentissage grâce aux fonctionnalités des tablettes.

Mais le développement des ebooks et de ces nouvelles pratiques doit s’accompagner d’une infrastructure adaptée : la couverture WLAN et un nombre insuffisant de prises électriques dans les salles de cours restent souvent les points faibles des établissements.

Conclusion

L’intelligence en réseau est manifestement déjà en action aux Eduhub Days. En effet, et c’est ce qui ressort de ces dernières éditions, les participant∙e∙s sont au centre des thématiques abordées, puisqu’ils sont non seulement appelés à préciser leurs besoins, mais également à participer activement . En même temps, c’est une plate-forme unique pour réunir les personnes qui, en Suisse, sont chargées de conseiller, supporter et d’innover en matière d’enseignement et d’apprentissage  dans les hautes écoles.

Résultat : quelles que soient leurs attentes, les participant∙e∙s repartent toutes et tous, qui avec des solutions simples et pragmatiques, qui avec de nouvelles idées, qui enfin avec des promesses de collaboration.

La fréquentation de l’événement est ouverte à toute personne actrice ou intéressée.

Billet rédigé collaborativement par Suzanne de Jonckheere, Pierrel Lehmann, Patrick Roth, Omar Benkacem, Laurent Moccozet et Elsa Sancey



eduhub – la communauté e-learning des hautes écoles suisses

eduhub est une communauté qui connecte des spécialistes en e-learning, membres des universités et hautes écoles de Suisse. La communauté eduhub a pour but d’implémenter des nouvelles technologies de l’apprentissage et d’enseignement (nouvelles technologies de l’information et de la communication – NTIC) dans les universités et hautes écoles suisses, durablement et efficacement.

 

Comment la communauté eduhub est-elle organisée ?

A l’heure actuelle, eduhub compte plus de 850 membres, la plupart en Suisse, actifs dans le domaine des nouvelles technologies d’apprentissage et d’enseignement dans les hautes écoles suisses.

eduhub est une communauté très hétérogène: parmi les « spécialistes e-learning » se trouvent des professeur•e•s, des chercheurs et chercheuses, des technicien•ne•s, mais aussi des personnes qui endossent plusieurs de ces rôles. Un noyau « dur » d’environ 300 membres choisissent et animent les sujets traités pendant les activités de eduhub.

Pour coordonner ses activités, la communauté eduhub est gérée par un « Community Manager » employé par SWITCH. Le « Community Manager » s’occupe de l’organisation de toutes les activités de eduhub, du site web de eduhub et d’un bulletin hebdomadaire.

Quels sont les activités de la communauté eduhub ?

eduhub days

L’événement le plus important de la communauté eduhub est la conférence annuelle eduhub days. C’est là que se rencontrent entre 130 et 150 membres de la communauté, pour présenter et discuter des projets e-learning de leurs institutions respectives et ainsi promouvoir la collaboration entre les différentes hautes écoles suisses.

Les « eduhub days »  sont organisés en sessions plénières animées par des intervenant•e•s invité•e•s de l’étranger, dans le but d’enrichir la communauté avec des idées nouvelles et extérieures. Ces sessions sont complétées par de nombreuses présentations interactives de contributeurs et contributrices de la conférence.

Les moments les plus appréciés de la conférence sont les sessions de discussion et le panel des étudiant•e•s, qui donne à ces derniers la possibilité de s’exprimer en qualité d’utilisateurs-trices des technologies développées et maintenues par les membres de la communauté eduhub.

Les « eduhub days » sont organisés annuellement, dans un lieu en Suisse à chaque fois différent. La conférence – comme toutes les autres activités de la communauté – se déroule intégralement en anglais, la langue véhiculaire de eduhub, la communauté englobant toutes les régions linguistiques.

eduhub webinars

Une autre activité très appréciée de eduhub sont les eduhub webinars. Les eduhub webinars sont organisés une fois par mois et présentés avec l’outil SWITCHinteract Adobe Connect. Pendant le webinar, un•e membre de eduhub présente un projet e-learning de son institution, pour ensuite en discuter avec les participant•e•s.

Ces webinars offrent aux membres de eduhub une plateforme d’échange supplémentaire, qui permet aux participant•e•s non seulement d’acquérir des connaissances nouvelles dans le domaines des nouvelles technologies d’apprentissage et d’enseignement, mais également de partager des connaissances avec des membres des autres hautes écoles suisses, ou encore de trouver des partenaires pour leurs projets.

Les eduhub webinars rassemblent toujours de nombreux participant•e•s, et les absent•e•s peuvent revoir les enregistrements, qui sont publiés sur le site des eduhub webinars.

Educational Technology Working Group (ETWG)

Le Educational Technology Working Group (ETWG) est consistué des responsables des centres de support e-learning des hautes écoles suisses. Le groupe détermine l’axe de la communauté eduhub dans le domaine politique.

Les membres de l’ETWG se rencontrent 2 fois par an pour un rapport d’étape et pour définir les objectifs généraux d’eduhub.

Special Interest Groups (SIG)

Les Special Interest Groups (SIG) sont des groupes de membres spécialisés sur des sujets spécifiques. Actuellement il y a 8 SIGs :

Les membres d’un SIG se rencontrent 3 à 4 fois par an et font état de leurs activités au « Educational Technology Working Group (ETWG) » 2 fois par an. Un SIG peut être initié par tout membre de la communauté eduhub et est ensuite constitué par le ETWG.

Le SIG est coordonné par un « SIG leader », qui est souvent la personne qui a initié le SIG et qui recrute les membres. Si un SIG a atteint son but ou s’il ne présente pas assez d’activités dans un SIG, il peut être clôturé.

LMS Communities

Dans la communauté eduhub il y a aussi des « LMS Communities », groupes qui se rencontrent pour échanger des expériences autour des « Learning Management Systems ». Actuellement, il existe le « Swiss Academic Moodle Community (SAMoo) », ILIASuisse, OLAT Core Community (OLATCoCo) et OpenOLAT.

Site web eduhub

Sur le site web, on trouve, parmi d’autres informations, des conseils juridiques pour l’utilisation de matériel numérique pour les cours universitaires : « Legal Hints », ou un « E-Assessment Portal » avec des informations utiles pour l’organisation et implémentation des examens électroniques dans les universités suisses.

Sur le site eduhub, le lecteur a aussi la possibilité de s’abonner à la « eduhub newsletter » et de publier ses propres nouvelles sur le e-learning.

Dans le « Conference Calendar » des renseignement sont disponibles sur les événements nationaux et internationaux dans le domaine e-learning. Il est également possible d’y annoncer des événements.



Retour sur les eduhub days 2014

eduhub-brainstormers_tpr

La communauté e-learning des universités et hautes-écoles de Suisse s’est réunie les 18 et 19 février 2014 à Genève, à l’occasion des 6ème eduhub days. Sous la thématique « The Creatives Minds of eduhub », les professionnel·le·s ont participé à des échanges sur la créativité, les idées nouvelles, ainsi que sur les projets issus de la première phase (Learning Infrastructure) du programme CUS-P2 lors de Creatives Cafés, dont voici un compte-rendu.

Cliquez sur les titres des projets pour en savoir plus:

Personal Learning Environments & Personal Working Environments

Vers une approche orientée service
Animé par: Laurent Opprecht, Omar Benckacem (Unige)

eduhub PLE-PWE

Les différentes applications proposées aux étudiant·e·s par les institutions offrent souvent des services identiques: les notions d’alertes (par exemple notifications dans Chamilo), d’agenda (événement) ainsi que la gestion de ressources statiques (fichiers).

Pour avoir accès aux différentes informations, l’utilisateur-trice doit se rendre sur chacune des applications et vérifier si quelque chose le/la concernant s’est produite. Dans certains cas (par exemple dans les LMS) il est même nécessaire de se connecter à chacun de ses espaces de cours pour savoir ce qu’il s’est passé. Cette situation est non seulement handicapante pour l’utilisateur-trice, mais elle génère également une charge de travail pour le service informatique qui doit gérer des concepts identiques dans une multitude d’applications et d’interfaces.

Le Creative Café a proposé une approche intéressante qui consiste à inverser la vue traditionnelle des logiciels pour regrouper leurs composants sous forme de services. L’approche orientée service (ou SOA pour Service Oriented Approach) permet de regrouper et de gérer de façon identique des données transversales. Pour l’utilisateur-trice, le gain est important puisque cela lui permet d’accéder à l’ensemble de ses données depuis une interface centralisée (appelée cockpit).

ePortfolio

Animé par: Céline Restrepo Zea (Unil), Nadia Spang Bovey (Unil), Patrick Roth (Unige) et Johann Lüthi (Unige)

En se basant sur les limitations de la plateforme ePortfolio Mahara (utilisabilité, connectivité avec les outils du cloud, etc.), les participant•e•s ont été invité•e•s à repenser cet outil selon un modèle « Front End/Back End ». Dans ce modèle :

  • Le Front End correspond à l’interface où le processus de création du portfolio (comprenant également sa démarche sous-jacente) est effectué par l’utilisateur•trice (étudiant•e dans notre cas)
  • Le Back End est quant à lui responsable de la gestion des artefacts (documents, présentations, diplômes, CV, etc.) qui sont utilisés pour la création du/des portfolio/s

Pour chaque niveau du modèle, les participant•e•s ont été invités à imaginer leur solution. C’est ainsi que pour le Front End, chaque participant•e a dû esquisser sur une feuille de papier le prototype d’une interface centrée sur la création de portfolios.
Céline
S’agissant du Back End, les participant•e•s ont identifié les plateformes qu’ils utilisent (aussi bien institutionnelles que du cloud) pour stocker leurs artefacts. Finalement, pour chaque plateforme identifiée, ils devaient préciser les artefacts qui y étaient stockés. Les photos vous montrent le résultat du travail collaboratif réalisé lors de cette session.
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Mobile Learning

Animé par: Karin Niffeler (UZH), Hervé Platteaux (UNIFR) et Christian Glahn (ETHZ)

Lors des eduhub days 2013, la question du mobile learning avait été traitée en termes de responsive design: comment adapter le contenu aux petites résolutions des smartphones et des tablettes. Cette année, le Creative Café consacré à cette thématique a abordé la question sous un angle plus large. Le constat de départ est que cette thématique ne peut être ignorée par les établissements d’enseignement supérieur, dans la mesure où le taux d’équipement en appareil mobile ne cesse d’augmenter (ordinateurs portables, tablettes, smartphones, liseuses électroniques, etc.). Il s’agit d’alors d’identifier les scénarios d’usage en mobile learning tout en s’interrogeant sur les besoins et les priorités. On constate qu’il manque encore un environnement qui permette de créer facilement du contenu mobile. Un étudiant présent à la table a également précisé qu’il était important que les apps développées restent personnalisables et suffisamment souples, faute de quoi elles ne sont pas utilisées.

Lifelong Learning (apprentissage tout au long de la vie)

Animé par: Nicole Bittel (FFHS), Suzanne de Jonckheere et Bineta Ndiaye (Unige)

Le Creative Cafe a permis de pratiquer le Lifelong learning (LLL) en direct à travers des réflexions et des partages d’expériences dynamiques et enrichissants. Trois questions ont été débattues:

1) Qui sont les personnes inscrites dans un processus de LLL?

2) Que fait l’Université pour faciliter leurs apprentissages?

3) Que devrait être une Université de LLL dans 20 ans?

Plusieurs recommandations ont été faites, rejoignant en cela les conclusions du rapport LLL at Swiss Higher Educations Institutions (2013), à savoir : créer des programmes plus flexibles,  plus individualisés, adaptés aux besoins de formation et liés à l’évolution des métiers, ouvrir l’Université à un large public, reconnaître les acquis et valoriser l’expérience professionnelle, renforcer la qualité de l’offre académique en tenant compte du développement des nouvelles technologies, créer des synergies avec le monde professionnel, rendre explicites les compétences acquises y compris sociales, soutenir la formation des collaborateurs-trices, enseignant·e·s et chercheurs-euses des universités, développer un service LLL de conseil et d’accompagnement.

Pour terminer, chacun·e s’est accordé·e pour dire que le LLL est un enjeu majeur pour l’Université et qu’elle doit ainsi évoluer dans ce sens à travers une politique et des stratégies clairement établies.

e-Assessment Strategies

Animé par:  Daniel Schneider (ETHZ), David Böhler (Unibas) et Daniel Scherly (Unige)

Lors de ce Creative Café, trois dispositifs d’évaluation par ordinateur ont été présentés: celui de l’École polytechnique de Zurich qui fonctionne grâce à une configuration utilisant Moodle et SEB (Safe Exam Browser), celui de l’Université de Bâle qui est une application web, et enfin celui de la Faculté de Médecine de l’Université de Genève qui repose sur l’utilisation du logiciel CAMPUS.

La discussion a tourné autour du « pourquoi » et du « comment ». Les raisons avancées pour justifier l’utilisation de ce type d’évaluation sont assez semblables. L’Université de Genève en relève l’intérêt pour les études de médecine, en particulier l’évaluation des compétences en raisonnement clinique, le rapports aux patients ou les matières sensibles comme la gynécologie, l’obstétrique, la pédiatrie. Pour le « comment », chaque présentateur a parlé tant des avantages que des inconvénients de chacun de ces systèmes, sans entrer dans le détail des mesures de sécurité mises en place pour éviter la fraude au moyen d’un accès aux ressources numériques,. Pour prendre connaissance des principaux points relevés veuillez cliquer ici.

Competence-Oriented Learning and Testing

Animé par: Laurent Moccozet (Unige), Tobias Halbherr (ETHZ) et Werner Willi (PHZH)

Lors de la séance, deux approches ont été présentées aux participant·e·s. Une approche développée à l’ETHZ propose une infrastructure pour permettre l’évaluation sommative de compétences au travers de l’utilisation de logiciels sur ordinateur dans un contexte complètement sécurisé. Par exemple: un examen pour un cours de statistiques permettant d’utiliser le logiciel R. L’environnement d’évaluation permet de déployer le logiciel de façon automatisée et sécurisée. Cette approche est mise en production et utilisée pour certaines évaluations à l’ETHZ. L’autre approche, qui est plus expérimentale et qui est actuellement développée et testée à l’Université de Genève, s’oriente sur une approche d’évaluation formative des compétences, basée sur l’auto-évaluation, l’évaluation par les pairs et l’évaluation collaborative. Cette démarche vise aussi à développer une approche qui permette d’intégrer l’évaluation dans l’apprentissage. Ces approches sont implémentées et développées sur une plateforme d’apprentissage collaborative: Connect, basée sur la plateforme open source Elgg.

Les deux approches sont résumées sous forme de deux mind maps disponibles en ligne ici.

Parmi les discussions qui ont eu lieu, une remarque a particulièrement émergée: les étudiant·e·s se trouvent souvent dans une situation de double apprentissage. Ils doivent apprendre la matière enseignée et aussi apprendre à « passer l’examen ». Cette situation provient d’un décalage entre l’enseignement et la méthode d’évaluation. Les approches d’apprentissage et d’évaluation par les compétences pourraient permettre de mieux synchroniser l’enseignement avec l’évaluation de l’enseignement et de réduire l’écart qui peut exister entre les deux et rapprocher les évaluations de ce qui est enseigné. Le résultat permettrait d’une part à l’étudiant·e de se focaliser réellement sur l’apprentissage de la matière et à l’enseignant·e d’améliorer l’évaluation des acquis de ses étudiant·e·s.

e-Assessment Starter

Animé par: Marc Sohrmann (Unil), Elisabeth Liechti (UZH) et Franck Koch (HSR)

Quels sont les scénarios de « e-assessment » les plus répandus dans l’enseignement supérieur suisse? Quels sont les aspects pratiques à prendre en compte avant de se lancer dans le « e-assessment »? C’est autour de ces questions que l’Université de Lausanne et l’Université de Zurich ont construit leurs retours d’expérience sur deux dispositifs d’évaluation en ligne: le cas où les étudiant·e·s utilisent leurs propres ordinateurs sans restriction d’accès à internet, et le cas où l’examen prend la forme d’un QCM passé sur des postes informatiques sécurisés. En fonction du scénario, le dispositif à mettre en place varie, mais le cycle reste le même: planification de l’examen (choix du scénario), développement (par exemple intégration du QCM sur Moodle), passage de l’examen, correction, évaluation du dispositif, et le cycle reprend avec une nouvelle planification.

Billet rédigé collaborativement par: Laurent Opprecht, Omar Benkacem, Patrick Roth, Johann Lüthi, Suzanne de Jonckheere, Bineta Ndiaye, Pelagia Casassus, Laurent Moccozet et Elsa Sancey.