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5 idées d’activités pour « réveiller » vos étudiants derrière leurs écrans

(ce billet est proposé par Jue Wang Szilas et Nicolas Szilas)

C’est jeudi… déjà plus de trois jours devant son écran à écouter les profs parler depuis Zoom… le bureau est plus grand, la chaise est plus confortable, mais quand même, on attend de l’université une activité un peu plus stimulante !

En enseignement à distance et en direct, en visio-conférence, le cours donné quasiment à l’identique pour des élèves à distance est un pis-aller (nous l’écrivions dans un précédent billet). Mais alors que faire de ces périodes de cours, si on ne fait pas cours ? Dans ce billet, nous vous proposons cinq idées, certaines pour de grandes classes, d’autres pour de plus petites, qui tendent à montrer qu’être à distance présente, malgré les idées reçues, des avantages certains pour la formation. Alors pourquoi s’en priver ?

1.   Travail de groupe : les bienfaits de la téléportation

Que votre interlocuteur soit dans la pièce à côté ou sur un autre continent, cela ne change pas grand-chose dans la communication virtuelle, seule compte la topologie du réseau d’interconnexion entre les personnes d’une classe. Et cette topologie peut changer d’un coup de baquette magique. Ainsi, alors que la disposition spatiale de la classe (une estrade unique et de nombreuses tables/chaises) est conçue pour une topologie en étoile, la communication virtuelle permet d’adopter d’autres topologies, notamment en îlots, qui est celle du travail de groupe. Et surtout, de passer instantanément d’une configuration à l’autre.

Finis les grincements de chaise, les inévitables « chahuts » lors de la réorganisation de la classe, vous pouvez facilement alterner travail de groupe et travail en classe entière, et ce même pour des grandes classes. Sur Zoom par exemple, il est possible de créer des sous-groupes manuellement (voir par exemple ce court tutoriel), mais aussi automatiquement. On peut aussi préparer la constitution des groupes avant le démarrage du cours.



Rendez vos cours sur Moodle plus créatifs et interactifs à l’aide de H5P

(Ce billet est proposé par Jue Wang Szilas avec la contribution de Patrizia Birchler Emery et Patrick Roth)

H5P devient un outil de plus en plus intéressant pour créer, partager et réutiliser du contenu d’apprentissage interactif. Le Pôle e-learning de l’Université de Genève, après une période d’essai, a installé cet outil sur la plateforme Moodle institutionnelle et encourage les enseignant-es à l’utiliser depuis juillet 2019. Dans ce billet, nous vous présentons quelques-unes des fonctionnalités de H5P retenues pour l’intégration dans moodle@UNIGE: Interactive Video, Drag and Drop, Drag the Words, QCM, et l’outil Presentation.

H5P : qu’est-ce c’est ?

  • H5P est l’abréviation de HTML5 Package : il s’agit d’un logiciel libre de création de contenu interactif (licence MIT).
  • Que peut-on faire avec H5P ? Le site h5p.org met à disposition 43 types de « contenus », dont 28 sont des outils pour des quiz et 13 peuvent être insérés dans l’outil Interactive video.
  • L’un des avantages évidents de ce logiciel est de pouvoir être inséré ou intégré dans un certain nombre de plateformes et LMS (Moodle, Drupal, Canvas, Blackboard, WordPress).
  • H5P dans moodle : quels avantages ? En effet, la plateforme Moodle met déjà à disposition des outils de quiz et l’outil leçon, qui a la même fonction que Presentation de H5P. En fait, H5P met beaucoup plus d’outils à disposition, permettant ainsi une plus grande variation dans l’interactivité, les auto-évaluations et les évaluations formatives. Les outils H5P sont aussi plus agréables visuellement et plus simples à utiliser par les apprenant-es. De plus, leur insertion directe sur la plateforme permet à Moodle d’inclure tous les résultats de quiz dans le suivi des étudiant-es (onglet « Notes »), répondant ainsi aussi aux directives en matière de protection des données des utilisateurs et utilisatrices.

Intégrer H5P dans Moodle

«Moodle est la plate-forme d’apprentissage la plus populaire au monde et cette nouvelle intégration apportera des centaines de millions de nouveaux utilisateurs-trices à H5P. H5P est déjà l’extension de contenu la plus populaire parmi les utilisateurs-trices de Moodle et l’intégration plus étroite et le support officiel propulseront les deux projets vers leurs objectifs.  » a déclaré Sander Bangma, chef de produit pour Moodle LMS.

Depuis juillet 2019, le pôle e-Learning de l’Université de Genève a installé cet outil sur Moodle avec des fonctionnalités les plus populaires. Comment ajouter une activité H5P dans un espace du cours ?

Dans un espace de cours, activez le mode d’édition, puis cliquez sur « Ajouter une activité ou ressource ». Choisissez H5P dans le menu puis choisissez un type d’activité, comme un exemple ici « Interactive Video ». Vous pouvez ensuite mettre un ligne une vidéo ou le lien vers cette vidéo et puis ajouter les interactions.

Quel est-l’intérêt d’intégrer H5P dans Moodle ?

L’intégration de H5P dans Moodle permet non seulement de tracer l’historique de l’apprentissage des étudiant-es, mais aussi de noter les exercices intégrés dans l’activité H5P.

Voici quelques exemples pratiques que nous avons réalisé dans le cadre de notre accompagnement en termes de e-Learning que nous proposons au Centre pour la formation continue et à distance (CFCD). Dans chaque exemple, nous montrons brièvement comment créer ce type de contenu H5P et comment ce se présente pour les apprenant-es.

Exemples 1. Interactive Video

Ce type d’activité permet de construire une vidéo interactive, à partir d’une vidéo importée ou d’un service en ligne d’hébergement de vidéo (Mediaserver ou You Tube). Il est ainsi possible de chapitrer la vidéo, d’insérer des images, des indications écrites, des liens et d’émailler le visonnement de questions (QCM, phrases à trous). Dans cet exemple, il y a une question QCM insérée au milieu d’une vidéo YouTube. L’objectif de la question QCM est de vérifier si les apprenant-es ont bien compris le contenu abordé dans la vidéo. Il a été utilisé dans un atelier H5P organisé par l’Université de Genève lors des Eduhub Days 2019.

  • Comment ajouter un QCM dans une vidé? Nous vous invitons à consulter ce tutoriel si vous voulez aller plus loin.

  • Comment cela se présente pour les apprenant-es

Exemple 2. Drag and Drop (Glisser-déposer)

Ce type d’activité permet d’associer deux ou plusieurs éléments et d’établir des connexions logiques de manière visuelle. L’auteur-trice crée des questions en utilisant à la fois du texte et des images. Il-elle prend en charge les relations une à une, une à plusieurs, plusieurs à une et plusieurs à plusieurs entre les questions et les réponses. En plus, il-elle peut aider à mémoriser des mots, des expressions, des phrases, etc.  L’exemple ci-dessous est tiré d’un module du “Master of Advanced Studies in European and International Governance”.

  • Comment créer une activité Drag and Drop? Pour aller plus loin, consultez ce document très pratique.

  • Comment cela se présente pour les apprenant-es

Exemple 3. Course Presentation

Ce type d’activité permet de créer une présentation sous forme de diapositives en ligne très interactive. Des éléments tels que les titres de diapositives, les liens, les images, les clips audio et vidéo, ainsi que des types de question peuvent être intégrés de manière transparente directement dans la présentation, résultant en une expérience d’apprentissage enrichissante pour l’apprenant-e. Des pistes pédagogiques restent à explorer : construire un module sur une partie du cours, utiliser en classe inversée, approfondir une notion spécifique, etc. L’exemple suivant a été construit pour une partie d’un module du cours en FLE pour les étudiant-es d’échange de l’Université de Genève.

  • Comment créer un Course Presentation? Ce document pourrait vous intéresser si vous voulez aller plus loin

  • Types de questions ajoutés dans la présentation: choix multiple, glisser-déposer et une série de questions choix multiple.

 

  • Comment cela se présente pour les apprenant-es dans Moodle

Conclusion

Ce billet, à travers l’exploration de quelques exemples, permet d’avoir un aperçu des possibilités offertes par H5P. L’intégration de cet outil dans la plateforme Moodle de l’UNIGE représente une opportunité à saisir pour rendre les activités d’apprentissage plus variées et interactives. Le Centre pour la Formation Continue et à Distance (CFCD) organisera des ateliers à partir de janvier 2021 pour les intervenants des programmes de formation continue, afin de les accompagner dans la prise en main de l’outil et à son intégration dans les espaces de cours en ligne.



(Re-)Basculer votre cours à distance

Avec le passage à l’enseignement à distance, il est important pour les enseignantses de l’UNIGE d’être au clair sur les solutions qui sont à leurs dispositions.

Continuation des cours via le live streaming Mediaserver

Pour les enseignements qui utilisent jusqu’à présent le live streaming et/ou l’enregistrement Mediaserver, sachez qu’il est toujours possible de donner ces cours dans les mêmes salles. Cependant, afin de pour garder le lien avec les étudiant-es pour d’éventuelles questions ou activités diverses, il est nécessaire de mettre en place une/plusieurs solution/s numérique/s. Pour choisir et mettre en place ces solutions, de nombreuses documentations sont disponibles sur le portail pour l’enseignement à distance et hybride ainsi que sur les billets suivants :

Passage des cours sur Zoom

Comme cela a été le cas durant le semestre de printemps, il est possible d’utiliser la plateforme Zoom pour dispenser ses cours. Un ensemble de tutoriels Zoom sont à disposition sur le portail pour l’enseignement à distance et hybride, fournissant les informations nécessaires pour créer et animer un cours sur Zoom.

Il est tout d’abord important de savoir que le nombre maximal de participant-es dans une salle standard Zoom est fixé à 300. Si votre cours excède ce nombre, il vous faut rapidement contacter l’équipe zoom (zoom @ unige.ch) afin qu’ils puissent vous augmenter cette limite.

Lors de la création de la salle de classe, il est important de s’assurer que l’option permettant la coupure du micro des participant-es lors de leur arrivée soit bien sélectionnée. En outre, pour des raisons de sécurité, il est conseillé d’ajouter un mot de passe à la salle.

Les enregistrements des cours donnés sur Zoom ne peuvent être conservés que 90 jours sur cette plateforme (Zoom Cloud), il est donc conseillé de les stocker sur Mediaserver pour garantir un accès pérenne. Pour obtenir un dossier de dépôt sur Mediaserver, contactez l’équipe Mediaserver (mediaserver @ unige.ch). Notez finalement que si l’enseignant-e utilise actuellement le live streaming Mediaserver et/ou le service d’enregistrement des cours Mediaserver, il ou elle peut demander à l’équipe Mediaserver d’arrêter leurs live streaming/enregistrements automatiques.

Combinaison de Zoom et du live streaming Mediaserver

Une dernière solution est de combiner le live streaming Mediaserver « à distance » via Zoom. Cette solution est plus contraignante car elle demande à l’enseignant-e (ou un-e asssistant-e) de se rendre dans sa salle de cours pour démarrer la réunion Zoom sur l’ordinateur de la salle. L’avantage de cette solution est qu’il ou elle n’aura pas à se soucier des contraintes liées au nombre d’étudiant-es ainsi que l’enregistrement automatique du cours sur Mediaserver.

En résumé, de nombreuses solutions pour le passage à distance des cours sont disponibles. Il ne reste plus qu’à choisir celle qui sera la plus confortable pour l’enseignant-e et lui permettra de vous focaliser sur l’essentiel à savoir son enseignement.



Repenser l’Évaluation comme levier supplémentaire d’apprentissage au XXIe siècle – Appel à réflexion

La seconde phase d’enseignement à distance imposée par l’évolution de la pandémie de COVID-19 montre que loin d’être une simple parenthèse avant de revenir à la « normale », l’enseignement à distance et plus particulièrement les examens à distance vont devenir une pratique qui va s’imposer durablement et devenir de plus en plus courante en intégrant les méthodes pédagogiques des hautes écoles.

La question cruciale qui se pose dès lors est celle de la garantie de la qualité des diplômes délivrés. Dans le cas particulier des évaluations à distance, il s’agit de s’assurer des conditions dans lesquelles ces évaluations se déroulent et en particulier du contrôle d’identité des étudiants. Ceci est donc directement en lien avec des craintes de triches de toutes natures. A distance, signifie que l’étudiant est loin des yeux et que loin des yeux, il peut, et donc qu’il va forcément tricher. La solution qui semble largement adoptée pour y faire face consiste à rechercher des solutions purement « technicistes » aussi appelé « solutionnisme »[1]. Les examens à distance s’appuyant sur les technologies de l’information et de la communication, il est tentant d’avoir recours à ces technologies pour mettre les étudiants sous étroite surveillance avec comme objectif l’éradication de la triche. Ces méthodes sont regroupées sous le terme de « proctoring ». Elles visent à surveiller l’étudiant soit pour empêcher la triche, soit pour détecter la triche de façon la plus automatisée possible. Elles reposent sur des techniques de plus en plus sophistiquées qui complexifient pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants la mise en place et le passage d’un examen. Elles posent aussi par principe une présomption de culpabilité pour l’étudiant, si ce n’est de tricher, au moins de vouloir tricher.



Trois principes à ne jamais perdre de vue quand on bascule son cours à distance

Nous avons tous connu ce passage brutal à l’enseignement à distance au printemps 2020, quand il a fallu en urgence transformer tous nos cours donnés en modalité présentielle en cours à distance. On a improvisé, on a bricolé, on a parfois innové, on a eu du mal mais on y est arrivé.

Même si l’Université de Genève a choisi à l’automne un « retour à la normal avec les masques », ce qui n’a guère poussé l’enseignement à distance, j’encourage les enseignants à tester plus en avant cette possibilité : elle est une protection antivirale indéniable, mais pas que.

Au printemps, nous avons été parachutés tout nus dans la jungle du «e-learning», il ne s’agit pas d’y retourner dans les mêmes conditions, mêmes un peu aguerris par l’expérience. Le temps était à l’urgence, il est aujourd’hui à la préparation. Munis de nos cartes, crayons, livres, machettes et autres boussoles, nous pouvons explorer cette jungle avec d’avantage de sérénité, pour y découvrir son étonnante richesse. Et pour cela, je vous propose trois principes, faciles à comprendre, mais  faciles à … ne pas suivre. Je les écris donc pour vous lecteurs, mais aussi pour moi, à présent enseignant à distance.

Principe n° 1 : La modalité du « cours filmé en direct » est un pis-aller.

Nous l’avons beaucoup utilisée dans l’urgence, mais si on peut préparer en avance, ce n’est pas le meilleur choix. Il y plusieurs raisons à cela. D’une part, votre cours filmé sera toujours moins intéressant quand il est suivi à distance. L’interaction, même minime, avec votre auditoire est ce qui lui donne cette énergie et cette « présence », justement. D’autre part, comme la plupart des cours donnés à l’université sont très peu interactifs, autant vous pré-enregistrer pour ces sessions peu interactives, et les diffuser sous forme de vidéos. Les étudiants apprécient beaucoup ce format, qui leur permet d’absorber le contenu à leur rythme (consulter le cours à sa guise, faire une pause, accélérer, etc.). De manière générale, on a pu constater dans le domaine des technologies éducatives que la transposition « mot à mot » d’une activité en présence vers un format numérique n’est jamais une bonne solution. C’est comme regarder du théâtre filmé, ou une mauvaise adaptation cinématographique d’un livre, qui déçoit les personnes qui ont lu le livre.

Mais si je donne mon cours en vidéo, je fais quoi pendant les heures de cours ? C’est ici qu’intervient notre deuxième principe, cher à tout ingénieur techno-pédagogique qui se respecte…