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    BBS 7décembre - La question de la vie privée du point de vue des médias sociaux : enjeux publics et politiques

La bibliothèque version mobile

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Depuis cet automne, l’application UNIGE Mobile a entièrement revu sa partie Bibliothèque, de manière à optimiser aussi bien la recherche et l’emprunt d’ouvrages que l’utilisation des salles de lecture du campus.

Voici les nouvelles fonctionnalités proposées :

  • Le catalogue RERO Explore Genève (collections de la Bibliothèque UNIGE, de la Bibliothèque de Genève et des bibliothèque scientifiques et patrimoniales de la Ville de Genève) est désormais intégré à l’application. Les utilisateurs peuvent le consulter en tout temps et en tout lieu, créer une liste de favoris et télécharger directement les périodiques et articles scientifiques accessibles en version électronique sur le réseau UNIGE.
  • L’application offre la possibilité de digitaliser la carte multiservices pour étudiants et collaborateurs et d’afficher le code-barres nécessaire pour emprunter des livres.
  • Un livre intéressant trouvé chez un ami ou recommandé par un collègue? Grâce au lecteur  de code intégré à l’application, il est possible de scanner le code ISBN de n’importe quel ouvrage et de connaître immédiatement sa disponibilité dans le réseau des bibliothèques genevoises.
  • Ce lecteur de code permet aussi de télécharger directement sur le smartphone les publications électroniques (e-books et ejournals) signalées sur des supports de communication disséminés dans les espaces de la Bibliothèque de l’UNIGE.
  • Enfin, l’application affiche en temps réel le taux d’occupation des salles de lecture des sites de la Bibliothèque, un vrai plus pour les étudiants, surtout en périodes d’examens.

Pour télécharger cette mise à jour, rendez-vous sur

logo-apple-store@2x.pnglogo-google-play@2x.png

UNIGE Mobile est un outil en constante évolution, à l’écoute des commentaires et attentes de ses utilisatrices et utilisateurs.

La prochaine étape importante de cette évolution sera l’intégration d’un système d’authentification, qui permettra d’afficher des informations personnalisées (horaires de cours, PV d’examens, contenus e-learning, etc.).

Pour faire part de vos commentaires et suggestions, veuillez utiliser l’adresse: mobileapps@unige.ch



SWITCHdrive : service de stockage Cloud sécurisé

SwitchDrive

La fondation SWITCH offre à la communauté universitaire suisse une alternative aux services commerciaux du « Cloud » personnel de type Dropbox, OneCloud, GoogleDrive, etc. Grâce à cette initiative, l’UNIGE propose dorénavant un service de stockage web sécurisé qui offre gratuitement à toute la communauté universitaire un espace de stockage et de partage des documents dans le Cloud. Ce service est disponible et compatible avec de nombreux appareils (ordinateur, tablette, smartphone….) et systèmes d’exploitation.



La dematerialisation des titres académiques: état des lieux, scenario et perspectives

La dématérialisation des titres implique de nouvelles pratiques pour conserver et gérer les documents. Les universités sont au coeur de ce débat, puisque les évolutions technologiques changent les modalités de délivrance des titres, tout en modifiant la représentation du titre «papier ». Ainsi, le développement de l’enseignement à distance change les attentes des utilisateurs, utilisatrices et prestataires de formation. L’American Council on Education (ACE) réfléchit actuellement aux modalités d’obtention de crédits ECTS par voie de MOOCs.

De leur côté, le service NTICE de la Division STIC (Système et Technologies de l’Information et de la Communication) de l’ Université de Genève, en collaboration avec Switch et l’Université de Lausanne, a réalisé une pré-étude « Long-Term Storage of Forgery-Proof Certificats in Use Centric Environnements ». L’objectif de celle-ci: évaluer la pertinence et la faisabilité d’émission de titres au format numérique, centrée sur la vérification leur l’authenticité par les universités, prenant en compte la mobilité estudiantine.

1. Le cycle de vie d’un document

Pour réaliser cette pré-étude[1], les auteur∙e∙s ont retracé le chemin institutionnel, dénommé «cycle de vie des documents», qui mène à la production d’un diplôme. «La production d’un document suit un processus de création, de diffusion et d’archivage relativement complexe. Il fait appel à un grand nombre d’acteurs/actrices et met en œuvre différentes techniques informatiques. Néanmoins ce processus peut être modélisé afin d’être géré dans les meilleures conditions» (Livre Blanc de la dématérialisation de l’archivage, 2011, p.9)[2].

Dans cette pré-étude les auteur∙e∙s se sont concentrés sur les trois étapes du processus, à savoir:  émission, diffusion et archivage. Les principaux résultats sont présentés ci-après.

1.1         A propos de l’émission d’un titre

Le degré de dématérialisation des documents dépend de la culture numérique institutionnelle ainsi que des cadres légaux. Les universités de Lausanne et Genève récoltent, dans différentes bases, les données numériques nécessaires à la production des titres. A Lausanne, la signature manuscrite prédomine, alors qu’à Genève, elle est progressivement remplacée par une signature numérisée. Il ressort des entretiens que ce processus de dématérialisation est bien présent au sein de ces deux institutions. Toutefois, pour les acteurs et actrices rencontré∙e∙s, imposer un format unique au titre, qu’il soit numérique ou papier, n’apporterait rien à l’institution. Il est important de maintenir la possibilité de diffuser ce document dans le format qui convient au contexte (solution hybride). Ainsi, pour la cérémonie de remise des diplômes, moment marquant de la vie universitaire, il est important de pouvoir remettre un titre au format papier aux étudiant∙e∙s.

1.2         A propos de la diffusion des titres

Le processus de dématérialisation des diplômes et autres documents liés au cursus de formation est perçu avant tout comme une amélioration de l’organisation du travail et des méthodes de collaboration. En effet, la lutte contre la falsification des titres reste un besoin périphérique, à cause de la confiance mutuelle entre universités et marché du travail. Les recruteurs ne vérifient pas systématiquement l’authenticité des titres lorsqu’ils connaissent, de réputation, l’institution. Ainsi, lors d’une postulation, les documents usuels (CV, diplômes, attestations de travail) sont scannés et envoyés par courriel. Lorsque la vérification des titres obtenus doit être effectuée, l’original au format papier est généralement exigé, procédure lourde qui demande une grande familiarité avec les particularités des titres délivrés (typographie, grammage du papier, logos, etc.). Sachant que pour l’admission dans les universités, la vérification des titres est en principe systématique, l’introduction du diplôme au format numérique représente une réelle opportunité d’optimisation du cycle de vie de ces documents.

1.3        A propos du stockage / de l’archivage d’un document

L’usage en cours au sein des deux institutions est principalement le papier. Cependant, l’archivage numérique semblerait plus adapté aux pratiques actuelles. Ainsi les documents sont parfois stockés à double, faute de cadre légal adapté. Une réflexion portant sur la récolte des données devrait être menée par les institutions, comme le soulignent les personnes interviewées.

1.4         Le cadre légal en question

La loi offre la possibilité aux institutions de produire des documents numériques d’origine, avec pour contrainte une traçabilité de toutes les actions du processus de dématérialisation. Plusieurs systèmes normatifs existent actuellement qui garantissent l’intégrité du cycle de vie des documents dématérialisés[3]. Ainsi, il apparaît que les questions soulevées lors des entretiens sont avant tout d’ordre technique ou d’organisation interne, sachant que si l’université souhaite s’engager dans la voie de dématérialisation, une adaptation des règles internes, notamment les règlements d’étude, est pleinement possible. Comme le souligne le secteur des affaires juridiques: « Toutes les problématiques relatives à la dématérialisation devraient être traitées et réglées dans le cadre d’une directive, laquelle mentionnerait le genre de signatures apposées sur le diplôme papier et informatique, la hiérarchie entre les documents (originaux, copies certifiées conformes…). Cette directive serait, à l’instar de la directive sur le plagiat, un document publié et public qui s’appliquerait à l’ensemble de la communauté universitaire.” Les contextes tant sociaux que juridiques apparaissent donc, aujourd’hui, favorables à la mise en place d’un scénario proposant la dématérialisation des diplômes dans le monde académique, notamment tenant compte du développement des formations en ligne de type MOOCs.

2. Présentation du scénario de la dématérialisation d’un titre

L’évaluation des besoins des acteurs et actrices de la communauté universitaire, le questionnement des cadres légaux et l’investigation de solutions techniques ont permis de préciser le processus de dématérialisation des titres sous la forme d’un scénario adapté aux contextes des universités suisses appelé «Référentiel des titres – usage d’identifiants uniques». Ce scénario permet d’une part de simplifier la diffusion du document et d’autre part de soutenir le processus d’authentification. Il se résume comme suit :

2.1        Fonctionnalité de base

Figure 1 : Fonctionnalité de base du processus de consultation d’une base de données nationale des titres

Figure 1 : Fonctionnalité de base du processus de consultation d’une base de données nationale des titres

Le titre est émis au format papier à partir des données provenant des bases institutionnelles puis elles sont transmises à une base centralisée qui se charge de la distribution des données. L’étudiant∙e dispose d’un lien présentant le contenu de son titre et attestant de son authenticité grâce au protocole de vérification. Ce protocole permet à tout un chacun de vérifier de manière rapide et fiable l’authenticité d’un titre délivré à partir du site web de confiance mis à disposition.

2.2         Fonctionnalité avancée centrée utilisateur

Le titre est émis à partir des données provenant des bases institutionnelles, lesquelles sont transmises à une base centralisée qui se charge de la distribution et, optionnellement, du formatage des données selon des normes techniques internationales. L’étudiant∙e dispose d’un environnement protégé par un système d’authentification à long terme comme par exemple Swiss edu-ID, qui lui permet d’accéder à tous ses diplômes. Dans ce scénario, les universités sont responsables des données et de leur qualité. L’organisme hébergeur de la base centrale offre aux universités une infrastructure commune répondant aux normes de stockage (cet organisme pourrait être SWITCH).

Figure 2 : Fonctionnalité avancée du processus de consultation d’une base de  nationale des titres

Figure 2 : Fonctionnalité avancée du processus de consultation d’une base de nationale des titres

3. Conclusion et recommandations

Cet état des lieux a permis de mieux comprendre le chemin institutionnel qui mène à la production d’un titre sur le modèle du cycle de vie d’un document. Actuellement, l’émission, la diffusion, et l’archivage du titre sont basé sur des données numériques dont le produit final est toujours édité au format papier. Sa dématérialisation représente une opportunité pour l’institution d’élaborer une politique institutionnelle sur le stockage et l’archivage des données numériques dans un cadre juridique adapté, en répondant à la préoccupation majeure du milieu académique quant à la sécurité des données, les risques de vol et d’usage malveillant de celles-ci. De plus, elle offre un gain d’efficacité pour l’organisation. Enfin, le scénario envisagé propose un service de vérification des titres allégé (pas d’obligation de présenter l’original papier, en particulier), avec un niveau de confiance équivalent voire supérieur.

En conclusion, le  groupe de travail recommande la mise en place d’un environnement centré sur l’étudiant∙e (Figure 3), qui permet à chaque diplômé∙e d’établir et de valoriser son parcours académique et professionnel, de certifier ses acquis auprès d’employeurs potentiels, et de conserver autant que possible son identité numérique.  Cet environnement devrait lui permettre :

  1. de faciliter l’accès ultérieur en ligne à ses certificats, diplômes et autres preuves de ses acquis ;
  2. de faciliter l’établissement d’un bilan de ses connaissances et compétences (formelles et informelles) ;
  3. d’actualiser ses acquis tout au long de sa vie pour faire face aux nouvelles exigences du marché de l’emploi.
Figure 3: Environnement national des diplômes, centré sur l’étudiant

Figure 3: Environnement national des diplômes, centré sur l’étudiant

Cet article a été rédigé par Anne Ronchi et Omar Benkacem

4. Références

[1] En particulier l’usage de normes internationales, telles qu’OAIS (norme de système d’archivage) ou ISO 15489 (norme sur les enregistrements numériques (Records Management)).

[2] Note interne concernant “Dématérialisation d’un titre Diplôme/grade” a été rédigée  par Alina Gussing-Weibel, juriste, Secteur des Affaires juridiques, Université de Genève. 3 avril 2014.

[3] Pour enrichir la réflexion sur le processus de dématérialisation des titres, des entretiens auprès de 28 représentant∙e∙s de la communauté académique et estudiantine des Universités de Genève et de Lausanne, ainsi que des employeurs, ont été effectués.



Identité numérique et étudiants

La réflexion sur l’identité numérique (Figure 1) est issue de l’évolution des technologies de l’éducation, qui offrent de nombreuses possibilités innovantes. La communauté académique est de plus en plus exposée à des applications du « cloud », dans lesquelles la notion d’identité numérique est en décalage avec celle assumée par les Hautes Écoles Suisses. Si l’Université représente aujourd’hui une étape clé de la formation, il est regrettable de constater que l’identité numérique académique, créée lors de l’immatriculation de l’étudiant∙e et qui se construit au fil des années d’études reste éphémère, puisque qu’elle est détruite une fois son diplôme obtenu. Ce mode de fonctionnement provoque une rupture entre le cursus universitaire et l’entrée dans le monde professionnel, alors qu’il faudrait au contraire assurer une continuité s’inscrivant dans une logique de « Lifelong Learning » (LLL). Par conséquent, les étudiant∙e∙s (mais aussi les chercheurs et chercheuses) devraient pouvoir conserver, une fois leur formation achevée, un accès à certains services numériques au-delà des frontières organisationnelles, temporelles et géographiques. Actuellement, l’étudiant∙e (et les personnes engagée dans la recherche) qui quittent l’université, doivent reconstruire leur identité numérique à chaque changement d’institution. Il est néanmoins important de penser ce développement en garantissant une protection des données efficace.

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1. Identité numérique académique en Suisse : Premier état des lieux

Une étude [1] sur la possibilité de mettre en place un système capable d’établir et de conserver l’identité numérique de l’étudiant∙e au-delà de ses études a été réalisé dans le cadre d’un projet national sur l’identité numérique académique, initié par le service NTICE de la Division STIC (Système et Technologies de l’Information et de la Communication) de l’ Université de Genève, en collaboration avec Switch et les Universités de Fribourg et Lausanne, ainsi que les alumni de ces deux dernières institutions.

2. Identité numérique : de quoi parle-t-on ?

Face à la multiplication des applications interactives du Web 2.0, l’utilisateur et l’utilisatrice laissent des traces en nombre croissant sur la toile. Une partie de ces traces est générée à leur insu, créant ce que certains auteurs appellent une « ombre digitale » (Williams, 2008 cité par Merzeau, 2009)[2]. L’ensemble des traces intentionnelles et non intentionnelles est dénommé « présence numérique » (Merzeau 2009). L’identité numérique, quant à elle, se construit sur la base de ces traces et nécessite un processus d’interprétation des données qui en sont issues. Ainsi, l’identité numérique n’existe pas en soi (contrairement aux données disséminées constituant la présence numérique) mais a besoin d’un tiers “pensant”. » (Cassaigne, 2011, pp.37-38)[3] Deux approches ont été privilégiées dans cette étude pour enrichir la réflexion sur l’usage des nouvelles technologies éducatives et sociales du Web en rapport avec l’identité numérique :

  • Approche quantitative: enquête auprès des étudiant∙e∙s et alumni[4] des Hautes Écoles suisses visant à connaître l’état de leurs pratiques actuelles et leurs intérêts en matière de médias sociaux, en rapport avec leur identité académique numérique.
  • Approche qualitative: entretiens personnalisés avec les responsables institutionnels de différentes universités partenaires, afin:
      1. d’identifier les concepts-clés et indicateurs permettant de confirmer/infirmer les hypothèses posées pour l’enquête;
      2. de conduire à une meilleure vision des pôles d’intérêt en matière d’identité académique numérique;
      3. de dégager les lignes directrices concernant les concepts sous-jacents, les obstacles à prendre en compte;
      4. d’obtenir une vue d’ensemble sur les usages et pratiques actuelles par un certain nombre d’enseignant∙e∙s et étudiant∙e∙s dans le cadre universitaire [5] au travers de cas concrets.

3. De l’identité numérique académique à la présence numérique sur le cloud

Cette étude montre que les étudiant∙e∙s possèdent souvent plusieurs facettes disjointes de leur identité numérique, correspondantes aux sphères dans lesquelles ils/elles évoluent : privée, professionnelle, et académique. L’identité est ainsi définie par les activités de l’étudiant∙e dans ces différentes sphères. Dans le contexte académique, l’identité numérique est composée d’abord par un identifiant et un mot de passe, associés à un ensemble de traces issues de l’activité numérique, parmi lesquelles nous trouvons :

  1. les traces personnelles, telles que les données du profil ;
  2. les traces académiques, telles que les travaux réalisés durant le cursus de formation et les diplômes/certificats acquis ;
  3. les traces administratives liées, par exemple, aux procédures d’admission.

Ainsi, les éléments de base de la partie universitaire de l’identité numérique d’un individu (login, numéro de matricule, etc.) sont fixés par l’institution. Dès lors, la définition de l’identité numérique académique se construit prioritairement par l’usage des infrastructures institutionnelles au service des universités.
Cependant, les résultats de cette étude soulignent qu’il n’est pas possible de cloisonner les activités numériques académiques des étudiant∙e∙s. La perméabilité des contextes  professionnels, académiques et personnels, est renforcée notablement avec l’utilisation des moyens numériques mobiles.

4. Responsabilités de la présence numérique : le rôle de l’institution

L’identité numérique étant évolutive et dépendante des environnements de travail, sa gestion (actualisation, diffusion, communication, archivage, etc.) apparaît désormais comme une compétence importante chez les universitaires. Paradoxalement, les entretiens montrent une méconnaissance de la manière dont l’institution gère les traces produites par les étudiant∙e∙s. Par exemple: les responsables interviewé∙e∙s relèvent la confusion des étudiant∙e∙s sur ce qui différencie l’institutionnel et la vie privée.
Bien que des cadres légaux existent en Suisse pour protéger les traces administratives et personnelles (par exemple l’ordonnance relative à la loi fédérale sur la protection des données[6], ou à Genève la LIPAD [7]), les interviewé∙e∙s s’y sont très peu référé∙e∙s. Il en va de même pour les autres directives et documents sur la protection des données numériques produites dans le cadre académique. Ils/elles n’ont en leur possession que des informations confuses et parcellaires et les responsabilités de leur institution ne leur paraissent pas claires quant à certaines actions liées à l’identité numérique (comme par exemple un dépôt de données, personnel ou non, réalisé sur des environnements numériques externes à l’institution (p.ex. dans le « cloud »). Pour pallier cette méconnaissance/absence de règles en la matière, la responsabilité individuelle est évoquée, sans que cela satisfasse cependant pleinement les acteurs institutionnels.

5. Pérennisation de l’identité numérique : une question institutionnelle en débat

Dans un environnement institutionnel régi par des règles d’usage plus ou moins implicites concernant la présence numérique des étudiant∙e∙s, la pérennisation de l’identité numérique au-delà du cursus universitaire est débattue par les institutions sans qu’un consensus ne se dégage. Deux visions distinctes sont représentées :

  • l’institution est responsable de la pérennité de l’identité numérique, du moins en partie ;
  • l’institution n’est pas responsable de la pérennité de l’identité numérique, mais doit faciliter et encourager les étudiant∙e∙s à s’en préoccuper.

D’une manière générale, il apparaît difficile aux acteurs de se positionner sur la pertinence de la mise en place d’un processus de pérennisation de l’identité numérique en l’absence d’un système de stockage pérenne. Comme discuté précédemment, les propos recueillis notent l’absence de directives en matière d’archivage des données académiques, mise à part l’archive ouverte régie par des directives institutionnelles précises. Dès lors, les étudiant∙e∙s évoluent dans un contexte numérique régi par des règles implicites, et l’absence d’un discours institutionnel en laisse un certain nombre d’entre eux/elles dans l’ignorance de leur présence numérique ou aux problèmes que peuvent présenter les traces numériques.
Précisons toutefois que le flou actuel autour du concept de l’identité numérique dans les institutions universitaires vient probablement en grande partie de l’extrême jeunesse de cette notion. Il en va de même pour les réseaux sociaux et autres applications du Web qui ont un lien étroit avec l’identité numérique. L’étudiant∙e commence cependant à en prendre conscience, par sa propre expérience du Web et par les médias.

6. Pour conclure

Les résultats de cette étude montrent qu’il est temps pour les institutions d’enseignement supérieur d’élaborer un cadre transparent pour l’archivage des données académiques numériques dans une optique de valorisation de l’identité des étudiants à travers les traces académiques produites. Cette politique d’archivage des données académiques devrait répondre à toute une série de questions parmi lesquelles : Quelles traces conserver ? Pour quelle durée ? Où ? Quelles raisons à l’archivage : historique, juridique,… ? Dans quels buts ? Quelles garanties pour la protection des données ?

Il est nécessaire de définir un cadre académique cohérent permettant à l’étudiant∙e de produire, stocker ses traces numériques pendant son cursus et de les reprendre une fois le cursus terminé. Cette politique pourrait devenir opérationnelle au travers d’un outil de gestion de l’identité numérique, qui aurait pour objectif d’offrir à l’étudiant la possibilité de trier/filtrer activement les éléments sous-jacents à son identité numérique. Ceci de manière à :

  • valoriser ses activités académiques tout en gardant une trace de l’historique de son parcours de formation ;
  • créer, et/ou maintenir un contact entre l’étudiant∙e et la communauté académique ;
  • garder un accès à certaines ressources et services de l’institution (via, par exemple, les alumni).

En parallèle à ce travail de clarification du cadre, afin de sensibiliser le monde estudiantin au concept d’identité numérique, l’institution doit s’efforcer d’informer clairement les étudiants sur la manière dont sont gérées les données (durée et lieu de conservation, accessibilité, etc.) et clarifier à qui, de l’individu ou de l’institution, reviennent les traces produites dans l’environnement numérique institutionnel. Aujourd’hui, en effet, la gestion de la présence numérique apparaît comme une compétence importante: la communauté académique doit apprendre à gérer et s’approprier son environnement numérique. Certains responsables institutionnels insistent sur le fait que si l’Université doit informer sur la manière de gérer la présence numérique dans les différentes facettes du monde virtuel d’aujourd’hui (institutionnelles et non institutionnelles). Les acteurs-clés pour la formation et l’éducation à la présence numérique restent les structures de formations pré-universitaires telles que le collège ou le cycle, voire l’école primaire.

Cet article est rédigé par Anne Ronchi et Omar Benkacem

7. Références

[1] Etude coordonnée par : Omar Benkacem, Rolf Brugger, Pierre-Yves Burgi, Maud Foerster, Sergio Hoein, Johann Luethi, Laurent Moccozet, Bineta Ndiaye, Hervé Platteaux, Anne Ronchi, Patrick Roth, Nadia Spang- Bovey. Pour plus d’information, voir le rapport “identité académique numérique” – mai 2013.

[2] Merzeau, L. (2009). « Présence numérique : les médiations de l’identité » in Les enjeux de l’information et de la communication, 2/2009 (volume 2009), pp.79-91. Retrouvé dans : www.cairn.info/revue-les-enjeux-de-l-information-et-de-la-communication-2009-1-page-79.htm

[3] Cassaigne, C. (2011). “De la dissémination à l’identité numérique des CDI : Enjeux pédagogiques et identitaires des CDI virtuels”, Mémoire de recherche M2, Recherche et enseignement en sciences de l’information et de la documentation, CELSA – Paris-Sorbonne / IUFM de Paris.

[4] 1200 étudiante.s. et alumni

[5] 15 responsables institutionnels ont été interviewés.

[6] http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19930159/index.html

[7] http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_a2_08.html

 

 



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