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Enseigner à l’ère de la vidéo: en route vers la transition

La communauté e-learning des universités et hautes écoles suisses a tenu ses journées annuelles à l’Université de Berne les 29 et 30 janvier passés. Le thème portait cette année sur les vidéos dans l’enseignement.

C’est dans ce cadre que Zac Wolfitt, chercheur et enseignant à la Inholland University of Applied Sciences a partagé son analyse de la transition en cours vers l’ère de la vidéo dans l’enseignement supérieur: il a ainsi abordé plusieurs sujets, dont les modes de la transition, les différents formats de vidéos, les diverses utilisations qu’on peut en faire, les réticences des enseignants et le changement de paradigme induit par la permanence du support d’enseignement.

Cette brève revue de la conférence met en évidence les points essentiels de sa présentation:

Mais vous pouvez aussi visionner la conférence dans son ensemble:

 



Slack : l’outil de chat multiplateforme

Connaissez-vous Slack ? Il s’agit d’une plateforme de messagerie instantanée. Les messages sont regroupés dans des canaux qui peuvent être publics (visibles par tous les membres de Slack) ou privés (uniquement visibles par un nombre limité d’usagers). Un message Slack peut contenir du texte, des fichiers de divers formats (pdf, powerpoint) qui peuvent être intégrés par un simple glisser-déposer et/ou des liens. De plus amples explications sur les fonctionnalités de Slack vous sont fournies dans la vidéo (en anglais) ci-dessous.



A quoi sert une cartographie de curriculum?

Curriculum

Tout d’abord, le contexte: nous sommes en présence d‘un curriculum de l’Université de Genève de 360 crédits ECTS et dont le cursus est également  professionnalisant. Il compte un grand nombre d’étudiant-e-s, de tuteurs, d’enseignant-e-s et de responsables d’enseignement. Ses activités d’apprentissage adoptent une large palette de formats allant de l’enseignement ex-cathedra à l’apprentissage par problèmes, en passant par des séminaires, tutorats ou stages pratiques. La taxonomie de ses objectifs pédagogiques va de connaissances théoriques et scientifiques à la maîtrise de gestes techniques jusqu’à des compétences intégratives et communicationnelles avancées. Les évaluations comprennent des examens de connaissances et de compétences spécifiques, mais aussi des simulations, la documentation d’expériences pratiques ou l’autoévaluation du niveau d’autonomie. Ce curriculum est validé par un examen régi par une loi fédérale.

Vous aurez peut-être deviné qu’il s’agit du curriculum de médecine. En pleine réforme actuellement, il s’oriente sur un nouveau référentiel de compétences national, régi par la loi fédérale sur les professions médicales universitaires (LPMéd). Nommé PROFILES, il est résolument intégratif, et définit aussi bien le profil professionnel visé que les actions à maîtriser et les contextes de ces actions. Cette réforme implique qu’il est nécessaire de ““vérifier comment le contenu du curriculum répond aux exigences de PROFILES et soutient les compétences requises”.
La question est donc de savoir où est enseigné quoi, et si les activités d’apprentissage, leurs objectifs, les compétences visées et leur validation sont bien alignés. Il est donc nécessaire de s’orienter dans le curriculum et d’avoir la possibilité de mettre en lien chacun de ses éléments avec le référentiel PROFILES.



Catchbox : un micro pour favoriser la prise de parole des étudiant·e·s en auditoire

La Catchbox est un micro en mousse en forme de cube (cf. image ci-dessous). Légère, elle se lance facilement et sans risque d’être endommagée grâce à sa coque en mousse. Le dispositif fonctionne avec un micro-cravate branché sur le système audio de la salle de cours. Ainsi, la qualité du son est optimale et la voix des étudiant·e·s est très clairement audible.

Crédit photographique: Bettina Palazzo

D’un point de vue pratique, la Catchbox s’avère bien plus avantageuse qu’un micro main. En effet, elle ne nécessite pas d’être portée jusqu’au destinataire, un jet permet d’atteindre facilement ce dernier. De plus, l’étudiant·e peut poser la box devant elle/lui en gardant les mains libres.



MOOCs et droit d’auteur : entre sinuosité et créativité

Dans une série d’articles consacrés aux « coulisses de la science qui se fabrique » publiés en 2017, le journal Le Temps titrait notamment : « Quand les éditeurs confisquent la science ». Le quotidien généraliste (re)mettait ainsi en lumière une difficulté majeure à laquelle les universités – et plus particulièrement les bibliothèques universitaires – se heurtent de longue date : l’accès à l’information scientifique à des coûts supportables pour les institutions.

La perte d’un droit sur son propre travail

Sans entrer ici dans les détails d’une problématique déjà très documentée et qui, de surcroît, ne constitue pas le sujet principal de ce billet, mentionnons tout de même que la préservation des droits des chercheurs sur leur propre production scientifique constitue l’un des chevaux de bataille du consortium international SPARC (Scholarly Publishing and Academic Resources Coalitions). Dans la plupart des cas en effet, lorsqu’un chercheur publie les résultats de ses travaux dans une revue scientifique, le modèle économique et juridique dominant implique qu’il cède la propriété intellectuelle de ses travaux à la revue qui accepte de les publier. Ainsi, non seulement les institutions paient pour que leurs chercheurs puissent accéder à la version publiée de leurs propres travaux, mais ceux-ci ne sont ensuite pas libres de les exploiter comme ils le souhaitent (partage, diffusion, modification, etc.) puisqu’ils n’en sont plus pleinement propriétaires. D’autres modèles, liés au mouvement Open Access, permettent toutefois d’échapper à cette règle.

L’exception pédagogique : un « bouclier invisible »

Cette restriction ne pose pas de difficultés immédiates dans les activités d’enseignement que mènent également de nombreux chercheurs. En effet, ce que l’on appelle « l’exception pédagogique » autorise les institutions de formation (universités, écoles, etc.), moyennant le paiement d’une redevance, de faire usage d’œuvres protégées par le droit d’auteur dans le strict cadre institutionnel. En Suisse, cette exception est régie par la loi fédérale sur le droit d’auteur (art. 19, al. 1, let. b LDA) et permet aux enseignants d’utiliser un ensemble de ressources non libres de droits de manière relativement large (voir ici). L’une des restrictions limite toutefois leur utilisation à un usage local, c’est-à-dire géographiquement situé, comme le spécifie le site du Centre de Compétence pour le droit numérique (CCdigitallw) :

« Les exceptions prévues à l’art. 19 LDA, par exemple l’exception en vue d’un usage didactique, ne trouvent pas application en dehors du territoire suisse. L’utilisation du contenu protégé par l’enseignant à l’étranger n’est pas couverte par le droit suisse, mais par le droit étranger applicable. Dès lors, il faut être prudent, dans la mesure où les conditions pour l’utilisation du contenu prévues par le droit étranger peuvent s’avérer plus sévères. »

Les MOOCs, des dispositifs de formation sans exception pédagogique

En revanche, dans le cadre de la production de MOOCs ou de toute formation en ligne ouverte à des apprenants qui ne seraient pas affiliés officiellement à l’institution responsable de sa diffusion, la liberté en matière d’utilisation de ressources documentaires est fortement restreinte et engendre plusieurs difficultés.